

Les violences basées sur le genre (VBG) en République Démocratique du Congo (RDC) sont alarmantes, avec des cas tragiques illustrant l'ampleur du problème. Récemment, une jeune fille de 17 ans a été violée et battue par quatre soldats congolais près de son village en Ituri. Gravement blessée, elle a dû parcourir plus de 40 kilomètres pour accéder à des soins médicaux, découvrant qu'elle était enceinte et séropositive au VIH (HRW janvier 2026). Dans le Nord-Kivu, une femme de 42 ans a également été victime de viol par des combattants du M23. Bien qu'elle ait atteint un hôpital dans les 72 heures, celui-ci manquait de kits médicaux, la contraignant à fuir vers l'Ouganda avec ses sept enfants, toujours menacée par la violence dans sa région (HRW janvier 2026).
Cependant, malgré les initiatives prometteuses, la lutte contre les violences basées sur le genre en RDC se heurte à des défis majeurs. Le financement du Programme National d'Autonomisation des Femmes (PNAF) est insuffisant, avec seulement 15% des fonds décaissés, limitant ainsi son impact. De plus, les infrastructures sanitaires sont souvent déficientes, et de nombreux hôpitaux manquent de kits médicaux essentiels. Enfin, les normes culturelles et le manque d'éducation sexuelle continuent de perpétuer la violence, rendant les femmes et les filles encore plus vulnérables.
Ces défis sont d'autant plus alarmants dans un contexte où les violences basées sur le genre explosent : 1 534 cas documentés en 2025 au Nord et Sud-Kivu (BCNUDH). Ce n’est pas une fatalité, mais un scandale évitable.
En RDC, le conflit dans l’Est opposant armée régulière, groupes armés et forces étrangères, transforme les femmes en armes de guerre. Viols collectifs, esclavage sexuel, mariages forcés : ces VBG terrorisent les communautés et sécurisent les minerais. À Goma et Bukavu, les hôpitaux de Médecins Sans Frontières croulent sous les victimes, souvent enceintes ou atteintes de fistules. L’ONU note une hausse de 30% des violences depuis 2025, dopée par l’impunité : moins de 5% des agresseurs sont jugés.
Malgré l’horreur, des initiatives puissantes émergent pour l’autonomisation des femmes et la masculinité positive. Le Programme National d'Autonomisation des Femmes (PNAF), lancé par Félix Tshisekedi en 2021 et renforcé en 2024 avec 50 millions USD, a formé 100 000 entrepreneuses en agriculture et numérique dans l’Est, entraînant une augmentation de 20% des revenus pour les bénéficiaires en 2025. Des campagnes comme « Hommes pour l’Égalité » mobilisent des leaders communautaires au Kivu via ateliers et spots radio. Caddy Adzuba et la Fondation Panzi transforment les survivantes en juges et avocates, tandis que « Femmes pour la Paix » impose des quotas genre à Luanda. La loi anti-VBG de 2023, avec ses tribunaux mobiles, a obtenu 200 condamnations en 2025.
Pourtant, ces progrès butent sur des obstacles structurels : seulement 15% des fonds PNAF décaissés, État faible, MONUSCO accusée de complicité avant son retrait. Sans éducation sexuelle, justice rapide et désarmement, les VBG resteront l’arme fatale des seigneurs de guerre. L’égalité de genre, inscrite dans la Constitution, y reste lettre morte.
RDC, réveille-toi ! Exigeons un fonds national anti-VBG financé par les royalties minières. Soutenez les féministes locales, boycottez le coltan taché de sang. Journalistes, amplifions ces voix : un éditorial comme celui-ci n’est qu’un début. Pour un Congo en paix, protégeons nos mères, sœurs et filles. Le silence tue ; l’action libère
Clotilde Mudosa
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