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RDC/Éducation : le PAAF, un levier pour maintenir les filles à l’école dans cinq provinces prioritaires

 

 

Le Projet d’apprentissage et d’autonomisation des filles (PAAF), financé par la Banque mondiale et mis en œuvre par le gouvernement congolais à travers le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté (MINEDUNC), entend faciliter l’accès des filles à l’enseignement secondaire public, favoriser leur maintien à l’école et promouvoir l’égalité des chances. Le Kasaï Central figure parmi les cinq provinces prioritaires retenues pour ce programme, aux côtés d’autres territoires confrontés à des taux élevés de déscolarisation des adolescentes.

 

Ce mercredi 23 septembre à Kananga, autorités provinciales, responsables éducatifs, leaders communautaires, représentants des confessions religieuses, autorités coutumières et membres de la société civile ont participé à un atelier de plaidoyer et d’engagement citoyen autour du PAAF. Présidée par le gouverneur Joseph-Moïse Kambulu N’Konko, cette rencontre visait à renforcer l’appropriation du projet par les acteurs locaux et à identifier les leviers concrets pour lever les obstacles à la scolarisation des filles.

 

Les échanges ont permis de dresser un état des lieux des barrières qui pèsent sur la trajectoire scolaire des filles dans la province. Parmi les facteurs régulièrement cités figurent les frais indirects de scolarité (uniformes, fournitures, transports), les grossesses précoces, les mariages d’enfants, ainsi que la charge des travaux domestiques qui incombe souvent aux adolescentes. S’y ajoutent des infrastructures scolaires parfois vétustes et un manque d’équipements adaptés, en particulier en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène.

 

Pour répondre à ces défis, le PAAF combine plusieurs types d’interventions : appuis financiers ou matériels pour réduire le coût de la scolarité, sensibilisation des familles et des communautés, renforcement des capacités des enseignants et des cadres scolaires, et investissements dans les infrastructures. L’idée est d’agir à la fois sur la demande (motivation des filles et des parents) et sur l’offre (qualité et sécurité du cadre scolaire).

 

Au-delà des appuis directs à la scolarisation, le projet prévoit des investissements structurants dans les équipements scolaires et les installations WASH (eau, assainissement et hygiène), reconnus comme déterminants pour la rétention des adolescentes, notamment en période de menstruations. Dans ce cadre, la construction de l’Institut supérieur pédagogique (ISP) de Luiza a été annoncée lors de l’atelier, comme un signal fort en faveur du renforcement de l’offre de formation dans la province.

 

La mise en place de cet ISP devrait, à terme, permettre de former davantage d’enseignants qualifiés localement, réduisant ainsi le déficit en personnel enseignant dans le secondaire et améliorant la qualité des apprentissages. Pour les responsables provinciaux, il s’agit aussi d’un levier pour ancrer durablement la culture éducative dans le Kasaï Central et offrir aux filles des modèles de réussite féminins dans le domaine de l’enseignement.

 

L’atelier a insisté sur le caractère collectif de cette dynamique. Parents, enseignants, autorités administratives, leaders religieux et coutumiers, ainsi que les organisations de la société civile sont appelés à jouer un rôle actif pour que l’avenir des filles devienne une responsabilité partagée. Les participants ont été invités à prendre des engagements concrets : suivi de la fréquentation scolaire des filles, lutte contre les mariages précoces, appui aux adolescentes mères pour qu’elles puissent reprendre l’école, et mobilisation des ressources locales pour améliorer les conditions d’étude.

 

Pour les promoteurs du PAAF, la réussite de ce programme au Kasaï Central et dans les autres provinces cibles dépendra de la capacité de ces différents acteurs à traduire les engagements pris en actions concrètes sur le terrain. Le défi n’est pas seulement de scolariser plus de filles, mais de garantir qu’elles restent à l’école jusqu’au bout du cycle secondaire, dans des conditions dignes et sécurisées, et qu’elles puissent ensuite poursuivre des études supérieures ou s’insérer dans la vie active.

 

 

 

 

 

La rédaction