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RDC/Éducation : Delly Sesanga dénonce l’instauration de frais scolaires dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23

 

 

L’homme politique Delly Sesanga a condamné, mercredi 2 septembre 2026, la décision d’imposer des frais scolaires aux élèves du primaire dans les territoires du Nord-Kivu contrôlés par l’Alliance des forces congolaises (AFC/M23). Selon lui, cette mesure est « inacceptable » et constitue une violation du droit à l’éducation garanti par la Constitution congolaise.

 

Dans un message rendu public à l’occasion de la rentrée scolaire 2026-2027, Delly Sesanga a rappelé que la gratuité de l’enseignement primaire public, instituée en 2019, est un « acquis social » qui ne dépend ni du gouvernement ni de l’autorité de fait qui contrôle un territoire. Il a cité l’article 43 de la Constitution, qui consacre le droit de chaque enfant congolais à l’éducation, pour souligner que ce droit « ne s’arrête pas aux lignes de front ».

 

L’instauration de ces frais intervient dans un contexte déjà marqué par la guerre, les déplacements de population, la destruction des activités économiques et l’appauvrissement des ménages dans l’est de la RDC. Delly Sesanga a estimé que faire supporter aux parents le financement de l’enseignement primaire, alors que les enseignants continuent d’être rémunérés par l’État, revient à « faire payer une nouvelle fois la guerre » à ceux qui en sont déjà les principales victimes.

 

Des informations rapportées par des médias locaux et des plateformes de suivi du conflit indiquent qu’un décret des autorités rebelles fixe désormais des frais scolaires trimestriels obligatoires, dont le montant varie entre 5 000 et 45 000 francs congolais par élève au primaire, et peut atteindre 240 000 francs au secondaire technique et professionnel. Les paiements devraient être effectués sur un compte CADECO ouvert au nom de la coordination provinciale de l’éducation des autorités de l’AFC/M23, sous peine de sanctions administratives contre les chefs d’établissement et d’exclusion des élèves en cas de non-paiement.

 

Face à cette situation, Delly Sesanga a appelé au « retrait immédiat » de ces frais et a demandé au gouvernement de prendre, avec les partenaires du secteur éducatif, toutes les dispositions nécessaires pour garantir effectivement la gratuité de l’enseignement primaire public sur l’ensemble du territoire national. Il a insisté sur le fait que les « différends politiques et la guerre ne doivent jamais prendre l’éducation des enfants en otage », plaidant pour que l’école reste « ouverte et gratuite pour tous les enfants du primaire public, partout en République démocratique du Congo ».

 

Cette prise de position intervient alors que la ministre de l’Éducation nationale, Raïssa Malu, a elle aussi réaffirmé, à la veille de la rentrée, que la gratuité de l’enseignement primaire public demeure un « engagement fondamental de l’État » et a mis en garde contre toute pratique irrégulière qui priverait un enfant de son droit à l’éducation. Dans le même temps, des initiatives citoyennes, comme le Parlement citoyen « Baraza La Raiya », ont sollicité du gouvernement une prise en charge exceptionnelle des frais scolaires dans les zones occupées par l’AFC-M23, afin d’éviter une rupture de scolarisation massive.

 

 

 

La rédaction