
Le gouvernement congolais appelle à des poursuites judiciaires après la publication d’un rapport d’Amnesty International faisant état de graves violations des droits humains dans des sites miniers contrôlés par le M23 dans l’est de la République démocratique du Congo. Dans une publication mise en ligne le 30 septembre 2026 sur son compte X, le ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a réagi aux conclusions de ce rapport. Il a dénoncé les violences qui auraient été commises à Rubaya, dans le Nord-Kivu, et à Lomera, dans le Sud-Kivu, deux zones d’exploitation respectivement connues pour le coltan et l’or.
Le document d’Amnesty International, intitulé «RDC : “On n’est pas là pour jouer.” Atteintes aux droits humains commises par le M23 dans des mines artisanales et trafic d’or et de coltan vers le Rwanda », fait état d’exécutions sommaires, de tortures, de détentions arbitraires, de travail forcé et de recrutements forcés attribués à des combattants du M23 ou à leurs collaborateurs. L’organisation affirme avoir recueilli des informations sur la mort de 18 mineurs artisanaux dans les deux sites concernés. D’après les éléments rapportés par Amnesty International, dix mineurs auraient été battus à mort, deux autres tués par balle et six enlevés avant d’être retrouvés morts. L’organisation indique également que certains travailleurs auraient été contraints de poursuivre l’extraction des minerais sous la menace et dans des conditions difficiles.
Le rapport décrit aussi des circuits d’acheminement de l’or et du coltan vers le Rwanda. Amnesty International affirme que les minerais extraits dans les zones contrôlées par le M23 seraient introduits dans des filières de contrebande avant d’être exportés vers d’autres destinations. L’organisation accuse ainsi le groupe armé de participer à un système d’exploitation des mineurs et de trafic des ressources naturelles congolaises.
Dans sa réaction, Patrick Muyaya a déclaré que ces révélations mettaient en lumière le pillage systématique des ressources minières de la RDC. Le ministre a indiqué avoir échangé avec une délégation d’Amnesty International sur les moyens de renforcer les mécanismes judiciaires et de mieux documenter les crimes commis contre les populations dans les zones minières. Ils ont également abordé la nécessité d’intensifier la lutte contre l’impunité et d’obtenir une mobilisation internationale plus forte en faveur des victimes.
Pour le porte-parole du gouvernement, la réponse ne devrait pas se limiter aux auteurs directs des violences, mais s’étendre aux commanditaires et aux personnes qui auraient facilité ou profité de ces crimes. Patrick Muyaya appelle ainsi à ce que toutes les personnes impliquées répondent de leurs actes devant la justice. Cette demande concerne les exactions rapportées dans les sites miniers, mais aussi les réseaux présumés liés à l’exploitation et à l’exportation illégale des minerais.
Pour le porte-parole du gouvernement, aucune paix durable ne peut être envisagée sans reconnaissance des préjudices subis et sans justice pour les victimes. Kinshasa souhaite ainsi que les informations contenues dans le rapport contribuent à documenter les violations commises dans les zones minières et à renforcer les efforts visant à mettre fin au trafic des ressources congolaises
Clotilde Mudosa
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