
Le gouvernement de la République démocratique du Congo condamne la poursuite des violences et des violations des droits humains dans les territoires contrôlés par les Forces de défense rwandaises (RDF) et le mouvement AFC/M23. Dans un communiqué publié à Kinshasa, le ministère de la Communication et des Médias accuse ces forces d’exactions contre les populations civiles, d’extorsions et d’actes de déstabilisation des services publics.
Selon les autorités congolaises, les informations recueillies au cours des mois de juin et juillet 2026 font état de plusieurs centaines de personnes tuées lors d’exécutions sommaires, de massacres et de bombardements. Le communiqué mentionne également des enlèvements, des recrutements forcés visant notamment des jeunes Congolais à Tshanzu et Rumangabo, ainsi que des actes d’intimidation et de pillage.
Le gouvernement dénonce par ailleurs un processus organisé de transplantation de la population dans le territoire de Nyiragongo. Il cite notamment le déplacement forcé, le 10 août, de plusieurs dizaines de familles originaires du Rwanda vers la région de Kabuhanga, avant leur installation à Rwibiranga, dans le groupement de Buhumba. Kinshasa estime que cette opération, menée dans une zone sous occupation, aurait bénéficié d’un appui logistique du Programme alimentaire mondial.
Le communiqué fait aussi état de mesures imposées aux établissements scolaires et sanitaires. Dans les écoles primaires et maternelles, des frais seraient exigés malgré le principe de gratuité de l’enseignement primaire, tandis qu’un prélèvement de 10 à 17% serait appliqué aux recettes trimestrielles des établissements scolaires. Les hôpitaux publics et privés ainsi que les orphelinats seraient également soumis à des taxes et à des prélèvements jugés illégaux.
Pour Kinshasa, ces pratiques portent atteinte aux droits fondamentaux des populations et compromettent leur accès aux services sociaux essentiels. Le gouvernement considère également que la nomination de responsables dans l’enseignement supérieur et l’administration publique participe à l’installation d’une administration illégitime dans les territoires concernés.
Les autorités congolaises estiment que ces actes violent la Charte des Nations unies, la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC, ainsi que la résolution 2773 (2025) du Conseil de sécurité. Cette résolution exige notamment le retrait du M23 des zones sous son contrôle et la fin du soutien rwandais à ce mouvement. Le gouvernement appelle également au respect des engagements pris dans le cadre de l’Accord de paix de Washington et de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba.
Kinshasa présente ses condoléances aux familles des victimes et exprime sa solidarité aux populations touchées par l’occupation, les violences et les crimes rapportés. Le gouvernement affirme que les responsables, les auteurs directs et les complices de ces actes devront répondre de leurs actes devant les juridictions compétentes.
Dans le même communiqué, l’exécutif réaffirme sa détermination à protéger les civils, à restaurer l’autorité de l’État et à défendre la souveraineté nationale. Il assure vouloir poursuivre les actions destinées à mettre fin à l’impunité et à rétablir l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo.
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