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RDC/Sécurité : Devant l’ONU, Kinshasa presse la communauté internationale d’agir contre le financement des groupes armés

 

 

Devant le Conseil de sécurité, la RDC a lié la persistance du conflit dans l’est du pays à l’exploitation illicite des ressources naturelles, tout en exigeant l’application effective de la résolution 2773, notamment le retrait des forces rwandaises et la fin du soutien à l’AFC/M23. Kinshasa estime que la paix ne sera durable que si les circuits qui financent les groupes armés sont démantelés. Pour Kinshasa, la guerre dans l’Est ne se nourrit pas seulement des armes : elle repose aussi sur un système économique qui permet aux groupes armés de trouver des ressources.

 

C’est dans cette perspective que le représentant congolais a invité le Conseil de sécurité à examiner avec attention l’exploitation minière dans les zones disputées, les prélèvements imposés aux commerçants et les flux de minerais qui quittent le pays sans contrôle suffisant. Rubaya, dans le Masisi, illustre selon lui cette mécanique. Les experts des Nations unies estiment que l’AFC/M23 y tire des revenus importants du coltan, notamment par la taxation de la production et de sa commercialisation. Pour Kinshasa, ces recettes renforcent la capacité des groupes armés à subsister, à s’armer et à poursuivre les hostilités.

 

Le gouvernement congolais souhaite donc que la communauté internationale s’intéresse davantage à l’origine des minerais, aux itinéraires empruntés par ces produits et aux bénéficiaires réels de leur commerce. À ses yeux, une meilleure identification des chaînes d’approvisionnement et des sanctions contre la contrebande pourraient réduire les moyens dont disposent les mouvements armés. Kinshasa regrette par ailleurs que la résolution 2773, adoptée en février 2025, n’ait pas encore entraîné les changements attendus sur le terrain. Le texte prévoit l’arrêt des combats, le retrait du M23 des zones qu’il occupe, la disparition des administrations parallèles et le départ des forces rwandaises du territoire congolais.

 

Le représentant congolais a appelé à une exécution « intégrale et sans ambiguïté » de cette résolution. Selon lui, les engagements pris à New York doivent désormais se traduire par des faits vérifiables dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Afin de renforcer la confiance entre les parties, Kinshasa souhaite un suivi plus rigoureux du cessez-le-feu à travers le Mécanisme conjoint de vérification élargi, avec l’appui de la MONUSCO. Elle estime que les manquements constatés doivent être documentés et donner lieu à des conséquences concrètes.

 

La RDC réclame aussi davantage de clarté sur les transferts d’armes, de drones et d’équipements militaires vers le Rwanda. Elle demande qu’une attention particulière soit portée à l’emploi des drones dans les opérations, qu’elle associe à des frappes ayant eu des conséquences sur les populations civiles. Concernant les FDLR, Kinshasa affirme poursuivre les mesures de désarmement, de cantonnement et de rapatriement prévues dans les engagements pris. Elle rejette toutefois l’idée que ces démarches puissent servir de prétexte pour retarder le retrait des forces rwandaises ou remettre en cause la souveraineté congolaise.

 

Sur le plan diplomatique, Kinshasa dit demeurer attachée aux processus de Washington et de Doha, ainsi qu’à la médiation conduite par l’Union africaine. Elle estime cependant que la valeur de ces initiatives dépendra de leur capacité à produire des résultats visibles : arrêt des combats, retrait des forces étrangères, fin du soutien aux groupes armés et disparition de leurs sources de revenus.

 

Kinshasa a enfin attiré l’attention du Conseil de sécurité sur la situation des populations civiles, marquée par les déplacements, l’insécurité alimentaire et les difficultés d’accès à l’aide humanitaire. Elle appelle à une protection renforcée des femmes et des enfants, ainsi qu’au retour de l’État et des services publics dans les zones touchées par les violences.

 

 

 

 

 

La rédaction