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RDC/Société : Travail des enfants dans les mines, la CNDH appelle à agir sur toute la chaîne des minerais

 

 

La présence d’enfants dans les sites d’exploitation minière artisanale demeure une préoccupation en République démocratique du Congo. La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a appelé à une réponse plus large, associant les autorités congolaises, les acteurs miniers et les entreprises intervenant dans la transformation et la commercialisation des minerais.

 

Le président de la CNDH, Paul Nsapu, a soulevé cette question le 28 septembre 2026 à Genève, lors de la 63ᵉ session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. Son intervention a porté sur la persistance du travail des enfants dans plusieurs zones d’exploitation minière artisanale en RDC. Selon la CNDH, la présence des enfants dans les carrières s’explique notamment par la précarité des ménages, les difficultés d’accès à l’éducation et la faiblesse des dispositifs de contrôle dans certains sites miniers. L’institution estime que ces facteurs doivent être pris en compte dans toute stratégie visant à mettre fin à l’exploitation des mineurs.

 

La Commission soutient toutefois que la lutte contre ce phénomène ne peut pas se limiter aux communautés présentes dans les zones d’extraction. Elle doit également concerner les différents acteurs de la chaîne d’approvisionnement, depuis l’exploitation des minerais en RDC jusqu’à leur transformation et leur commercialisation sur les marchés internationaux. Cette approche implique une plus grande vigilance de la part des pays importateurs, des entreprises de transformation et des industries utilisant des minerais provenant de la RDC. Pour la CNDH, les acteurs situés en aval de la chaîne doivent s’assurer que les matières premières qu’ils achètent ne sont pas liées au travail des enfants.

 

La Commission rappelle que l’exposition des enfants aux travaux miniers constitue une atteinte à leurs droits et contrevient aux normes internationales relatives à la protection de l’enfance. Elle se réfère notamment à la Convention n°182 de l’Organisation internationale du travail, qui porte sur l’interdiction et l’élimination des pires formes de travail des enfants.

Au-delà des mesures de contrôle et de surveillance, la CNDH plaide pour des réponses sociales durables. Elle considère que la protection des enfants passe par l’amélioration des conditions de vie des familles, l’accès effectif à l’éducation et la mise en place d’un environnement capable de les éloigner des activités dangereuses.

 

L’institution recommande également de promouvoir une exploitation minière responsable dans les secteurs artisanal et semi-industriel. Cette orientation devrait intégrer le respect des droits humains, la protection des enfants et la responsabilisation des opérateurs intervenant dans la production et la commercialisation des minerais.

 

La CNDH estime enfin que la lutte contre le travail des enfants doit s’inscrire dans une démarche coordonnée entre les pouvoirs publics, les communautés, les entreprises minières et les partenaires internationaux. Elle appelle ainsi à dépasser les engagements de principe pour renforcer les mécanismes de contrôle et garantir aux enfants concernés un accès réel à la protection et à l’éducation.

 

 

 

 

 

Hydrice Mande