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RDC/Société : Masculinité positive, une contribution à une démocratie plus inclusive

 

 

En marge de la Journée internationale de la démocratie, célébrée chaque 15 septembre, Carlin Vese Pinzi invite à élargir la réflexion sur la participation des hommes à la construction d’une société plus égalitaire. Pour cet ambassadeur de la masculinité positive en République démocratique du Congo, la démocratie ne se limite pas aux élections ni au fonctionnement des institutions. Elle se construit aussi dans les relations quotidiennes, au sein des familles, des écoles, des communautés religieuses et des espaces de décision.

 

Instituée par l’Assemblée générale des Nations unies, cette journée vise à rappeler l’importance de la participation citoyenne, des droits humains et de l’inclusion dans la vie publique. Dans cette perspective, Carlin Vese Pinzi estime que les comportements individuels, notamment ceux des hommes, peuvent contribuer à renforcer ou à fragiliser la culture démocratique. Selon lui, certaines conceptions traditionnelles de la virilité ont longtemps associé l’autorité masculine à la domination, à l’imposition du pouvoir et au refus de la contradiction. "La masculinité positive propose une autre voie : être un homme capable d’exercer son autorité sans dominer, de défendre ses convictions sans mépriser celles des autres et de gérer les désaccords sans recourir à la violence", a-t-il martelé.

 

La masculinité positive défendue par le sociologue et travailleur social repose sur une conception différente de l’exercice de l’autorité. Elle encourage les hommes à assumer leurs responsabilités sans chercher à contrôler les autres, à défendre leurs opinions sans dévaloriser celles qui leur sont opposées et à gérer les conflits par le dialogue plutôt que par la violence.

Dans son analyse, un homme engagé en faveur de l’égalité reconnaît que la participation démocratique ne peut être réservée à ceux qui détiennent la majorité ou le pouvoir. Il doit être capable d’écouter les autres, y compris lorsque leurs positions remettent en cause les siennes, et d’accepter le débat lorsqu’il se retrouve en minorité. Cette approche concerne également les rapports entre les hommes et les femmes.

 

Pour Carlin Vese Pinzi, la promotion d’une masculinité positive implique de remettre en question les attitudes qui entretiennent les discriminations et les violences basées sur le genre. Elle suppose aussi,selon lui, de favoriser une répartition plus équitable des responsabilités et de reconnaître aux femmes une pleine capacité de décision dans les espaces privés comme publics. Il a insisté sur le fait que la démocratie ne peut être durable si elle s’appuie uniquement sur des textes et des institutions et la manière dont les citoyens se parlent, prennent des décisions et traitent ceux qui ne partagent pas leurs opinions. Le respect, l’écoute et la capacité à résoudre pacifiquement les différends constituent, à ses yeux, des pratiques essentielles à la consolidation de l’État de droit. "Un homme engagé pour l’égalité et la démocratie sait que sa voix compte, mais que celle des autres compte également. Il écoute même lorsqu’il est en majorité et accepte le débat même lorsqu’il est en minorité" affirme-t-il.

 

Dans les familles et les communautés, cette transformation peut se traduire par une éducation fondée sur le respect mutuel, le rejet de la violence et la valorisation de la parole de chaque membre. Dans les institutions, elle peut se manifester par un leadership plus responsable, ouvert à la contradiction et attentif aux groupes souvent marginalisés.

À travers son message, Carlin Vese Pinzi appelle ainsi les hommes à considérer la masculinité positive non comme une remise en cause de leur identité, mais comme une invitation à faire évoluer leurs comportements. Il estime que cette démarche peut contribuer à créer des espaces où chacun est en mesure de s’exprimer, de participer aux décisions et d’être traité avec dignité.

 

Pour lui, promouvoir une masculinité fondée sur l’égalité, la responsabilité et la non-violence revient à renforcer les bases sociales de la démocratie. Cet engagement, porté dans les relations de tous les jours, peut contribuer à faire de la participation citoyenne une réalité au-delà des périodes électorales.

 

 

 

 

 

 

Clotilde Mudosa