RDC/Société : Jeudi en noir, Carlin Vese Pinzi appelle à faire de la paix et l'égalité un engagement quotidien

À l’occasion du premier jeudi du mois d’octobre, Carlin Vese Pinzi, ambassadeur de la masculinité positive en République démocratique du Congo et expert en engagement communautaire à l’ABEF-ND/PACT-VBG-EAS-HS, invite la population à participer à la campagne "Jeudi en noir" dédié à la lutte contre les violences basées sur le Genre. Cette mobilisation vise à sensibiliser l’opinion publique sur la prévention des violences, la lutte contre les discriminations et la promotion de relations fondées sur le respect, l’égalité et la dignité humaine. Elle s’inscrit également dans la dynamique de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui met l’accent sur la participation des femmes à la prévention et au règlement des conflits ainsi que sur leur protection en période de crise.
Pour Carlin Vese Pinzi, porter le noir chaque jeudi ne relève pas d’une simple démarche vestimentaire. Ce geste constitue un moyen de dénoncer la banalisation des violences et de rappeler la responsabilité collective dans la construction d’une société plus pacifique.
« En ce jeudi 1er octobre, portons le noir comme un signe de notre refus des violences et de notre engagement en faveur d’une société fondée sur la paix, l’égalité et le respect de la dignité de chaque personne », a déclaré Carlin Vese Pinzi.
La campagne « Jeudi en noir », connue à l’échelle internationale sous l’appellation « Thursdays in Black », est présentée comme un mouvement de solidarité contre les violences sexuelles et basées sur le genre. Elle invite les participants à exprimer publiquement leur opposition aux attitudes et aux pratiques qui favorisent la violence. Le Conseil œcuménique des Églises, qui a contribué à la diffusion de cette campagne, indique que celle-ci est née d’initiatives de solidarité avec les femmes et de la volonté de rendre visibles les violences, les injustices et les abus. Le mouvement encourage notamment le port du noir le jeudi comme signe d’engagement en faveur de communautés sûres pour les femmes, les hommes, les filles et les garçons.
La paix commence dans les comportements
Dans son message, Carlin Vese Pinzi insiste sur le rôle des comportements individuels dans la prévention des violences. Il estime que la paix ne se limite pas aux accords politiques ou aux initiatives institutionnelles, mais qu’elle se construit aussi dans les familles, les écoles, les lieux de travail et les communautés. « La paix commence dans nos comportements quotidiens. Protéger sans dominer, dialoguer sans imposer et respecter sans discriminer sont des actes concrets qui renforcent la cohésion sociale », a-t-il ajouté.
Cette approche appelle à une remise en question des attitudes qui entretiennent les rapports de domination, les stéréotypes sexistes et les discriminations. Elle encourage également chacun à intervenir, selon ses moyens, lorsqu’il est témoin d’une injustice ou d’une situation de violence..Pour l’ambassadeur de la masculinité positive, les hommes ont un rôle particulier à jouer dans cette transformation sociale. Il les invite à abandonner les comportements fondés sur la force, le contrôle ou l’intimidation, au profit de modèles reposant sur l’écoute, la responsabilité et le respect des droits d’autrui.
La campagne met également en avant la nécessité de promouvoir des féminités et des masculinités positives. Il s’agit de valoriser des femmes et des hommes capables de contribuer à la paix, de prévenir les conflits et de favoriser des relations équilibrées. Dans cette perspective, la masculinité positive ne se définit pas par l’autorité exercée sur les autres, mais par la capacité à protéger sans opprimer, à assumer ses responsabilités et à reconnaître l’égalité entre les personnes. Elle encourage les hommes à devenir des acteurs de prévention et non des vecteurs de violence.
Les féminités positives, pour leur part, renvoient à la valorisation de l’autonomie, de la participation et du leadership des femmes et des filles dans tous les secteurs de la vie. Elles s’opposent aux normes qui limitent leur liberté, leur expression ou leur accès aux espaces de décision. Carlin Vese Pinzi appelle par ailleurs à renforcer la lutte contre les violences basées sur le genre, l’exploitation, les abus sexuels et le harcèlement sexuel. Ces phénomènes, souvent dissimulés ou minimisés, affectent les victimes sur les plans physique, psychologique, social et économique.
Il plaide pour une plus grande sensibilisation des communautés, mais aussi pour la mise en place d’environnements dans lesquels les victimes peuvent être écoutées, protégées et orientées vers les services appropriés.
La lutte contre ces violences, selon lui, nécessite l’implication des familles, des responsables communautaires, des institutions et de la société civile.
Le message de la campagne s’adresse donc à toutes les catégories de la population. Les femmes et les hommes, les filles et les garçons sont invités à rejeter les insultes, les menaces, les agressions, le harcèlement et toutes les formes de discrimination.
Un engagement qui dépasse le vêtement noir
Pour Carlin Vese Pinzi, la portée du « Jeudi en noir » dépend surtout des actions qui accompagnent le symbole. Le vêtement noir peut attirer l’attention et susciter le débat, mais il doit aussi conduire à des changements concrets dans les attitudes et les pratiques.
« Porter le noir est un acte de solidarité, mais notre engagement doit se poursuivre au-delà de cette journée. Il doit se traduire par le refus de toute violence, par la défense des victimes et par la promotion de relations fondées sur l’égalité et le respect », a-t-il souligné.
Il encourage ainsi les participants à faire de chaque jeudi un moment de réflexion et de mobilisation. Il s’agit notamment de sensibiliser l’entourage, de dénoncer les violences, de combattre les préjugés et de soutenir les initiatives qui contribuent à la cohésion sociale. À travers cet appel, Carlin Vese Pinzi souhaite inscrire la campagne dans une démarche durable en faveur de la paix et de la sécurité. Son message rejoint l’esprit de la résolution 1325, qui reconnaît le rôle essentiel des femmes dans la prévention des conflits, la consolidation de la paix et la reconstruction des sociétés.
Pour lui, la construction d’un environnement exempt de violences repose sur une responsabilité partagée. Le "Jeudi en noir" devient ainsi un rappel hebdomadaire : la paix se défend par les décisions publiques, mais aussi par les paroles, les attitudes et les comportements de tous les jours.
Clotilde Mudosa
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