
Le tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema a ouvert ce jeudi 4 juin, l’instruction de l’affaire impliquant la chanteuse Déborah Mulanga, dite Rebo Tchulo, et plusieurs militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). L’audience, tenue en chambre foraine dans la commune de Ngaliema, a également vu le rejet d’une demande de mise en liberté provisoire pour l’un des prévenus.
Treize militaires sont poursuivis dans ce dossier, selon l’acte d’accusation, pour des infractions allant de la torture à l’extorsion, en passant par la concussion et la violation des consignes militaires. Quatre d’entre eux seraient actuellement en fuite. La procédure vise à déterminer les responsabilités individuelles et collectives dans des faits commis contre une personne identifiée comme Kasaï Sadisa.
Rebo Tchulo est elle mise en examen pour « incitation présumée » de militaires à commettre des actes contraires à la loi et à la discipline. Le ministère public affirme qu’elle aurait contribué aux événements qui ont mené à l’ouverture de l’instruction ; l’enquête devra préciser la nature et l’étendue de son rôle.
La défense du soldat Christian Kazadi Mputu, membre de la Task Force des FARDC, avait demandé sa remise en liberté provisoire. Poursuivi notamment pour torture, violation des consignes militaires et contusions, il restera cependant détenu : la requête a été reçue mais jugée non fondée par le tribunal, qui a ordonné la poursuite de l’instruction. C’est le capitaine Guy Kwesh, président du tribunal militaire, qui a rendu l’ordonnance en audience. « Après avoir délibéré, le tribunal a examiné la demande de mise en liberté provisoire formulée par le prévenu Kazadi Mputu Christian. Bien que la requête ait été acceptée, elle a été jugée sans fondement. Par conséquent, le tribunal a décidé de maintenir le prévenu en détention et de poursuivre l'instruction », a déclaré le capitaine Guy Kwesh, président du tribunal.
Les prochaines étapes de la procédure comprennent l’audition des prévenus et de témoins ainsi que l’examen des pièces versées au dossier. Le volet militaire de l’enquête, qui implique des éléments de discipline et de chaîne de commandement, présente des enjeux procéduraux particuliers quant à la récolte et à la qualification des preuves.
L’affaire suscite un intérêt médiatique notable en raison de la présence d’une figure publique et de l’implication de militaires. La suite des débats déterminera si le dossier débouche sur des poursuites formelles devant la cour martiale ou sur un renvoi vers une juridiction civile pour certains chefs d’accusation.
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