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RDC/Société : Clôture des activités dédiées à la quinzaine de la femme africaine, entre mémoire, reconnaissance et appels à l’action

 

 

 

Clôture des activités dédiées à la quinzaine de la journée internationale de la Femme Africaine édition 2026 ce samedi 15 Août à l'Académie des beaux arts à Kinshasa. La cérémonie a été marqué des interventions des autorités et des acteurs de la société civile, qui ont souligné l'importance des femmes dans le développement et la paix en République Démocratique du Congo (RDC). La ministre du Genre,Famille et Enfant Micheline Ombae Kalama, a résumé l’esprit de cette édition en insistant sur la double nécessité de célébrer les progrès accomplis et de rester vigilants face aux défis persistants.

 

Placée sous le thème continental « Femme africaine : justice et action pour un développement inclusif et durable » et déclinaison nationale « Droits garantis, autonomisation durable de toutes les femmes et filles en RDC », la quinzaine a été ponctuée par des panels thématiques, des initiatives mémorielles et des moments de recueillement.

 

Plusieurs tables rondes ont réuni des femmes parlementaires, des représentantes de la jeunesse, d’acteurs de la société civile, du secteur privé et des partenaires techniques et financiers. Les débats ont abordé le leadership féminin, l’autonomisation économique, la prévention des violences basées sur le genre, la cohésion sociale et la gouvernance. Les intervenants ont mis en lumière les progrès réalisés tout en soulignant les obstacles qui demeurent : accès limité aux ressources productives et au financement, sous-représentation dans les espaces de décision et persistance des violences sexistes.

 

«Parmi les initiatives marquantes de cette quinzaine, nous avons inauguaré le mur des souvenirs qui est un espace de mémoire et de valorisation des parcours féminins. Ce mur qui est un patrimoine vivant, a été conçu pour conserver les traces des contributions des femmes congolaises, il vise à transmettre aux générations futures des modèles inspirants et à préserver la mémoire institutionnelle», a déclaré Micheline Ombae Kalama. 

 

Elle a également rappelé la décoration des ministres honoraires du Genre, qui selon elle, était l'occasion de reconnaître leur engagement pour la promotion des droits et de l’autonomisation des femmes. Lors de cette cérémonie de clôture, un temps fort spirituel était également au rendez-vous, une prière collective portée par des femmes, moment décrit par les organisateurs comme un acte de communion et d’engagement pour la paix et le bien-être des femmes et des filles. À cette occasion, la Ministre a aussi rendu hommage aux femmes et filles de l'Est du pays qui continuent de faire face à l'adversité causée par la guerre. 

 

Selon Micheline Ombae, les échanges faites tout au long de cette quinzaine ont abouti à plusieurs recommandations concrètes : renforcer la participation des femmes aux instances de décision, faciliter leur accès au financement et aux ressources productives, développer des compétences mesurables et encourager les passerelles intergénérationnelles pour transmettre l’expérience des aînées à la jeunesse. 

 

Les organisateurs estiment que la quinzaine a donné à cette édition une dimension institutionnelle, mémorielle, participative et symbolique. Ils espèrent que les outils présentés notamment le mur de souvenirs et les dispositifs de capitalisation documentaire  contribueront à une meilleure transmission des expériences et à la continuité institutionnelle. « Une institution ne se construit pas uniquement avec des textes », a souligné la ministre du Genre, en invitant à reconnaître l’importance des femmes et des hommes qui, à différentes époques, ont porté une vision pour relever les défis du pays.

 

La Ministre des affaires sociales, Eve Bazaiba, représenté la Première ministre Judith Tshilomba Toulouka, empêchée. Au nom du président Félix Tshisekedi et du gouvernement, elle a réaffirmé la reconnaissance de l’État envers le rôle des femmes dans la société congolaise. Rappelant que les femmes « portent le Congo » du marché au parlement, du champ à l’hôpital elle a salué leur résilience face aux violences et crises qui affectent notamment l’est du pays. « Malgré la guerre injuste qui nous est imposée, vous continuez à panser les plaies, à éduquer et à reconstruire », a-t-elle insisté, appelant ainsi à soutenir l’autonomisation économique des femmes et à lutter contre toutes les formes de violences basées sur le genre.

 

 

La clôture de cette quinzaine a été un moment de reconnaissance et d'engagement, marquant une étape importante dans la lutte pour les droits des femmes en RDC, un appel à l'action collective pour l'égalité et pour un avenir meilleur, où les femmes peuvent pleinement participer au développement de leur pays. La ministre Ombae Kalama a conclu en invitant toutes les filles à visiter le mur de souvenirs, pour qu'elles y trouvent une source d'inspiration et comprennent qu'elles peuvent également devenir des actrices du changement. Les partenaires et acteurs présents ont été exhortés à transformer les recommandations en initiatives opérationnelles, afin que la visibilité politique et mémorielle obtenue durant ces quinze jours se traduise en améliorations tangibles pour les femmes et les filles congolaises.

 

 

 

 

 

Clotilde Mudosa