
En marge de la campagne "Jeudi en Noir", dédié à la sensibilisation contre les violences basées sur le Genre, l'ambassadeur de la masculinité positive en RDC, sociologue et travailleur social, Carlin Vese Pinzi a appelé les Congolais à faire de la prévention des violences une responsabilité individuelle et collective. Selon lui, la lutte contre ces fléaux doit commencer par la capacité de chacun à repérer les premiers signes d’alerte et à agir avant que les situations ne dégénèrent.
Dans son message, l’expert en engagement communautaire compare la violence à un incendie : plus l’intervention est rapide, plus il est possible d’éviter des conséquences graves. Il estime que les paroles humiliantes, les menaces, les intimidations ou les comportements de contrôle ne doivent jamais être banalisés, car ils peuvent constituer les premières manifestations d’un cycle de violence.
L'ambassadeur invite les individus à reconnaître leurs propres comportements problématiques et à solliciter de l’aide lorsque cela s’avère nécessaire. À ses yeux, fermer les yeux sur des actes violents ou les minimiser revient à favoriser leur aggravation.
Le président national du Réseau des hommes engagés pour l’égalité de genre en RDC (RHEEG-RDC) rejette également l’assimilation de la violence à une forme de force. Pour lui, la véritable force réside dans la maîtrise de soi, la responsabilité, la reconnaissance de ses erreurs et le choix de la non-violence, même en période de colère ou de désaccord.
Il adresse un appel particulier aux femmes, qu’il encourage à accompagner les hommes engagés dans une transformation sincère de leurs attitudes. Toutefois, il précise que cet accompagnement ne doit ni excuser les violences passées ni imposer aux victimes un pardon. Il exige, au contraire, des changements authentiques, le respect des limites et la sécurité de toutes et de tous.
Aux hommes, Carlin Vese Pinzi rappelle que la masculinité positive ne signifie pas une perte de pouvoir, mais une autre manière d’exercer sa responsabilité et son influence, sans domination ni contrôle. Il estime que personne n’est condamné à reproduire les comportements toxiques transmis par son environnement et que le changement reste possible lorsqu’il se
traduit en actes concrets.
Selon lui, la promotion de la masculinité positive ne peut être dissociée de celle des féminités positives. Il plaide pour un engagement partagé entre hommes, femmes et communautés, afin de construire des relations égalitaires et de refuser la normalisation des violences. "La masculinité positive et la féminité positive ne sont pas des forces opposées. Elles peuvent se compléter dans la construction d’une société où chacune et chacun jouit de ses droits, exerce ses responsabilités et vit à l’abri des violences", a-t-il affirmé.
Le sociologue conclut en invitant chacun à s’interroger sur sa capacité à reconnaître les signes de violence, à les prévenir, à remettre en question ses propres comportements et à soutenir les changements positifs dans son entourage. Pour lui, la transformation sociale commence par la prise de conscience, se poursuit par la responsabilité et se concrétise dans les gestes du quotidien.
Clotilde Mudosa
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