
L'avortement clandestin demeure une réalité tragique à Kinshasa et dans les provinces, poussant des milliers de femmes vers des praticiens non qualifiés dans des conditions insalubres. Malgré l’interdiction légale en RDC, où la loi ne tolère l’IVG qu’en cas de viol, inceste ou danger pour la mère, de milliers de recours illégaux ont lieu chaque année, selon les estimations des ONG spécialisées. Les Infections généralisées et décès évitables frappent durement les victimes, souvent de jeunes filles démunies.
Docteur Axel Nday, généraliste rattachée au département de gynécologie d’un hôpital de Kinshasa, lors d'un entretien avec la Source Magazine ce mercredi 07 janvier 2026, a alerté sur les complications dévastatrices à deux niveaux : immédiates et à long terme. « Parmi les risques immédiats figurent le choc vagal, provoqué par des méthodes prohibées comme le curetage qui irrite les nerfs vagues de l’utérus, des perforations entraînant des hémorragies massives, et des endométrites en l’absence de soins. À plus long terme, les synechies utérines compromettent durablement la fertilité». Précise-t-il
L’OMS préconise des solutions alignées sur le Protocole de Maputo : aspirateurs en plastique et seringues spécifiques pour des avortements sécurisés en milieu hospitalier, évitant infections, stress et chocs. Pour Dr Axel Nday, le curetage, jugé extrêmement dangereux, doit être interdit au profit de l’aspiration sans risque.
Dr Nday plaide pour une sensibilisation massive auprès des jeunes filles, femmes mariées et hommes : informer sur les méfaits des pratiques clandestines, les avantages des procédures médicales autorisées en cas vital, et diffuser l’Accord de Maputo peu connu localement. « il est impératif d’organiser des campagnes de sensibilisation. Il faut expliquer les conséquences graves aux femmes, informer les jeunes filles sur les avantages de l’avortement sécurisé et les dangers des avortements clandestins. Sensibiliser également les femmes mariées, ainsi que les hommes qui les incitent à recourir à ces pratiques». Insiste-t-il
« Il convient de mieux diffuser l’Accord de Maputo, peu connu de la population, en précisant les cas où l’avortement est nécessaire comme en cas de viol, d’inceste ou de grossesse à risque, sans pour autant l’encourager, sous peine de banaliser l’avortement pour tous ».a-t-il souligné
Promouvoir l’éducation sexuelle communautaire, les contraceptifs naturels ou planifiés aiderait à prévenir les grossesses non désirées et ce tabou persistant au cœur des quartiers populaires, où des campagnes émergent sans encore percer le silence.
Les défenseurs des droits des femmes plaident pour une décriminalisation encadrée et un accès accru à la contraception, tandis que les autorités religieuses et traditionnelles s’opposent fermement, laissant le fléau de l’avortement clandestin prospérer dans l’ombre.
Clotilde Mudosa
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