
Le gouvernement congolais entend renforcer la transparence dans la gestion des ressources mobilisées par les partenaires engagés dans la riposte contre l’épidémie d’Ebola Bundibugyo. Lors d’un point de presse tenu vendredi, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Dr Roger Samuel Kamba, a annoncé de nouvelles mesures visant à améliorer le contrôle des financements, la coordination des interventions et le suivi des activités menées dans les zones affectées.
Selon les données communiquées par le ministre, environ 25% seulement des 97 partenaires présents sur le terrain ont, jusqu’à présent, justifié les ressources financières mobilisées en faveur de la République démocratique du Congo. Sur les quelque 227 millions de dollars américains réunis dans le cadre du premier plan de riposte, près de 99 millions resteraient encore inutilisés par les partenaires. Cette situation a conduit les autorités à renforcer les obligations imposées aux organisations intervenant dans la réponse à l’épidémie, avec l’objectif de garantir une meilleure traçabilité des fonds disponibles.
Désormais, aucun partenaire ne pourra intervenir dans les zones concernées sans une accréditation préalable. Pour obtenir cette autorisation, chaque organisation devra remplir un formulaire précisant le montant des financements reçus, leur provenance et les activités auxquelles ils sont destinés. Les partenaires déjà présents sur le terrain devront également se conformer à cette exigence. À défaut, leur accréditation pourra être retirée, a prévenu le ministre. Cette procédure doit permettre aux autorités de disposer d’une vision plus claire des ressources mobilisées et de leur niveau d’utilisation dans la riposte.
Sur le plan épidémiologique, l’épidémie a été signalée dans sept provinces et a atteint un bilan de 8 300 cas confirmés, dont 4 018 décès. Le taux de létalité s’établit ainsi à 48,4%, tandis que 2 162 personnes ont été déclarées guéries. Les données présentées montrent toutefois une évolution différente selon les zones de santé, avec des foyers toujours actifs dans certaines régions et une stabilisation progressive dans d’autres. Sur les 63 zones de santé touchées, 44 demeurent actives. Dans ces zones, le dernier cas confirmé remonte à 21 jours ou moins, et 14 d’entre elles ont encore notifié de nouveaux cas au cours des dernières 24 heures. Huit autres zones sont placées sous contrôle, leur dernier cas ayant été enregistré entre 22 et 42 jours auparavant. Il s’agit notamment d’Aungba, Aru, Boga, Drodro, Gombari, Kayna, Logo et Rungu.
Onze zones sont considérées comme durablement contrôlées après plus de 42 jours sans nouveau cas. Cette catégorie comprend notamment Adia, Ariwara, Buta, Goma, Kambala, Lubunga, Mahagi, Miti Murhesa, Tshopo, Vidana et Wanierukula. Par ailleurs, 104 des 167 zones de santé situées dans les provinces concernées n’ont jamais enregistré de cas confirmé, ce qui illustre l’ampleur variable de la propagation de l’épidémie selon les territoires.
Le ministère entend désormais associer le renforcement de la surveillance épidémiologique à un contrôle plus strict des ressources mobilisées. Pour les autorités, la transparence financière, la coordination des partenaires et l’utilisation effective des fonds disponibles sont indispensables à une riposte efficace. Les mesures annoncées doivent notamment soutenir la surveillance, la prise en charge des malades, la prévention et l’accompagnement des communautés touchées par Ebola Bundibugyo.
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