
La résistance d’une partie de la population complique la réponse sanitaire à l’épidémie d’Ebola en Ituri, où des décès communautaires continuent d’être recensés malgré le déploiement d’équipes de riposte. Les autorités pointent des poches de non‑coopération dans plusieurs quartiers de Bunia et dans des localités périphériques, qui rendent plus difficile l’identification des cas et l’isolement des contacts.
Les équipes sanitaires observent une baisse des nouveaux cas dans les secteurs qui appliquent rigoureusement les mesures de prévention. À l’inverse, des quartiers comme Ndibe, Simbilyabo et une partie de Lembabo, ainsi que des localités hors de la ville Miala, Centrale Soleniama, Nizi et Iga‑Barrière restent des foyers où la défiance entrave les opérations de traçage, de vaccination et de prise en charge des malades.
Cette situation alimente la transmission : les décès survenus en communauté évitent le circuit formel de prise en charge et augmentent le risque d’exposition pour les familles et les intervenants. Les autorités sanitaires estiment que sans un renforcement rapide de la coopération locale, l’épidémie continuera de se propager malgré la présence des moyens techniques et logistiques.
Face à ces obstacles, la riposte ajuste ses actions en intensifiant la communication de proximité et en faisant davantage appel aux figures d’autorité locales. Des campagnes de sensibilisation ciblées se multiplient : à Miala, une structure féminine a animé des sessions de prévention, tandis que dans la chefferie de Baboa Bokoe, huit chefs de groupement ont signé un engagement formel en faveur des mesures de lutte contre Ebola.
Les partenaires de la riposte misent sur la légitimité des leaders coutumiers et religieux pour rétablir la confiance et faciliter l’accès aux foyers. Les autorités sanitaires appellent les autres dirigeants locaux à reproduire ces initiatives, estimant que l’adhésion communautaire est aujourd’hui aussi déterminante que les ressources médicales pour endiguer l’épidémie qui a déjà fait plus de 2 700 morts.
Les professionnels de santé soulignent par ailleurs la nécessité d’un suivi social et psychosocial adapté : informer ne suffit pas toujours, il faut aussi répondre aux peurs, aux rumeurs et aux difficultés économiques qui poussent certains ménages à dissimuler des malades. Sans cette approche globale, préviennent-ils, les gains obtenus dans les secteurs coopératifs risquent d’être annulés par la circulation non détectée du virus dans les zones réticentes.
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