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RDC/Santé : Journée mondiale de la contraception, un appel à la responsabilité partagée entre hommes et femmes

 

 

En marge de la Journée mondiale de la contraception, Carlin Vese Pinzi, ambassadeur de la Masculinité positive et expert en engagement communautaire à l’ABEF-ND (Association pour le Bien-être familial – Nouvelle Dimension), appelle à une approche plus dialoguée et plus responsable de la contraception, impliquant autant les hommes que les femmes.

 

Pour lui, la contraception ne doit pas être réduite à une simple méthode, une prescription médicale ou une visite dans un centre de santé. Elle renvoie aussi, et surtout, à la capacité de chaque personne et de chaque couple à dialoguer, à anticiper, à décider ensemble et à construire un projet de vie en toute responsabilité. « Un homme engagé dans une masculinité positive ne considère pas la contraception comme une responsabilité exclusivement féminine », explique Carlin Vese Pinzi.

 

Selon lui, l’homme doit s’informer, participer aux discussions, respecter les préférences de sa partenaire et accepter que les décisions relatives à la fécondité se construisent dans le respect et le consentement mutuel. Cette vision implique une rupture avec les pratiques où la femme porte seule le poids de la planification familiale, tandis que l’homme reste en retrait, voire impose ses choix sans concertation.

 

Du côté des femmes, l’expert met en avant le concept de « féminité positive », qui valorise la capacité des femmes à s’informer, à exprimer leurs besoins, à faire des choix éclairés concernant leur santé reproductive et à participer pleinement aux décisions qui concernent leur vie et leur avenir. Il s’agit, dit-il, de permettre aux femmes de sortir d’une logique de subissement pour entrer dans une dynamique de choix assumés, sans pression ni culpabilisation. « Accompagner n’est pas contrôler. Conseiller n’est pas imposer. Protéger n’est pas décider à la place de l’autre. Choisir n’est pas subir », résume Carlin Vese Pinzi, en insistant sur la nécessité de dépasser les rapports de domination et les pressions qui pèsent encore sur les femmes dans de nombreux couples.

 

Pour lui, la manière dont les partenaires abordent la contraception dit beaucoup de la qualité de leur relation et du niveau de confiance qui y règne. L’expert plaide pour un accès à la contraception qui permette aux femmes, aux hommes et aux jeunes de disposer d’une information fiable et de services adaptés afin de faire des choix libres et éclairés. Cela suppose, selon lui, des services accessibles, confidentiels, abordables et respectueux de la dignité de chacun. Il pointe également la nécessité de lutter contre les idées reçues, les rumeurs et les jugements moraux qui continuent d’entourer la contraception, en particulier chez les jeunes et dans certains milieux religieux ou traditionnels.

« La Masculinité positive et la Féminité positive contribuent ainsi à créer des relations dans lesquelles la parole de chacun compte, le choix est respecté et la responsabilité reproductive est partagée », souligne-t-il.

 

Dans cette optique, la contraception n’est plus vue comme un sujet « de femmes », mais comme un enjeu de couple, de famille et de société, où chacun a un rôle à jouer. Pour Carlin Vese Pinzi, prévenir une grossesse non planifiée, espacer les naissances ou choisir le moment d’accueillir un enfant ne devrait pas être une source de conflit ou de pression, mais une démarche fondée sur le dialogue, le respect, le consentement et la responsabilité partagée. Il rappelle que les grossesses non désirées, les avortements à risque et les naissances trop rapprochées continuent de peser lourdement sur la santé des femmes et sur l’équilibre des ménages.

 

En cette Journée mondiale de la contraception, l’ambassadeur de la Masculinité positive lance un appel : "Engageons-nous pour des hommes qui ne décident pas pour les femmes, mais qui construisent avec elles, et des femmes qui peuvent exprimer leurs choix, leurs besoins et leurs aspirations en toute liberté et dans le respect". Pour lui, le véritable progrès ne se mesure pas seulement au nombre de méthodes contraceptives disponibles, mais à la qualité du dialogue et au niveau de respect qui existent au sein des couples et des communautés. « La contraception est un choix. La responsabilité est partagée. Le respect doit être réciproque », conclut Carlin Vese Pinzi.

 

 

 

 

Clotilde Mudosa