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RDC/Santé : Explosion des risques de cancer du sein à Goma, 2 patientes sur 6 suspectes (Dr Ngabo)

 

 

En RDC, le cancer du sein représente 25% des cancers féminins et fait des ravages : sur 52 612 cas recensés, 71% sont mortels, souvent à cause d’un diagnostic tardif, alors que seules 2% des femmes bénéficient d’un dépistage. L’OMS projette 135 000 décès en Afrique subsaharienne d’ici 2040 sans mesures urgentes. Au Nord-Kivu, province minée par les conflits, l’accès aux soins est entravé : hôpitaux surchargés par les urgences humanitaires, mammographies rares et tabous culturels aggravent la situation, faisant du cancer une « bombe silencieuse » chez les jeunes femmes de Goma, où il est une cause majeure de mortalité féminine. Le Dr Deogracias Ngabo, gynécologue-obstétricien alerte sur un pourcentage alarmant de patientes présentant des signes évoquant un cancer du sein, dans le cadre de la journée mondiale contre le cancer célébrée chaque 4 février. D'après lui, entre 10 et 20% des patientes venues à Goma pour des troubles du sein (deux sur six en ce moment) montrent des symptômes suspects

 

Le Dr Ngabo fait savoir que le cancer du sein est très meurtrière et est à la base de la mortalité féminine elevée, pour lui, toute douleur ressentie, ou autres symptômes au niveau du sein doit être signalé, car cela peut être le signe d'une affection sérieuse. En matière de prévention, il parle de l'importance de l'auto-examen régulier. Pour lui les femmes doivent être attentive aux changements dans leur corps et consulter un professionnel de santé dès qu'elles remarquent les anomalies. 

« Il est essentiel pour une femme de pratiquer régulièrement l’auto-examen des seins. Dès qu’elle détecte une petite masse, elle doit consulter un médecin sans délai : c’est le premier signal d’alarme. Le deuxième est un changement de couleur du sein ; si la peau prend l’aspect d’une peau d’orange, agissez vite. Le troisième signe est tout écoulement au niveau du sein : une femme qui n’allaite pas ne devrait pas en avoir. Enfin, toute douleur persistante dans les seins mérite une consultation immédiate », a-t-il expliqué

 

D'après lui, lorsque le cancer du sein est détecté à temps, il y a la chance de guérison totale grâce à la chimiothérapie, la radiothérapie et la chirurgie, qui permettent à de nombreuses femmes de retrouver une vie normale. « Quand le cancer du sein est détecté à un stade précoce, les chances de guérison sont excellentes et souvent totales. Les traitements modernes, tels que la chimiothérapie pour détruire les cellules cancéreuses, la radiothérapie pour cibler la zone affectée avec précision, et la chirurgie pour retirer la tumeur, permettent à de nombreuses femmes de guérir complètement et de reprendre une vie normale. Une prise en charge rapide fait toute la différence », insiste-il

 

Le Dr Ngabo a également souligné que la lutte contre le cancer du sein ne peut pas se limiter à des efforts individuels. Étant donné que cette maladie est un problème de santé publique, pour lui, il est impératif que les prestataires de soins prennent cette question au sérieux et orientent les patients vers des structures adaptées pour un suivi médical efficace.

 

Dr Diogracias Ngabo appelle à une mobilisation collective pour sensibiliser les femmes aux signes du cancer du sein. Il insiste sur le fait que la santé des femmes est une question cruciale pour la santé publique et que des actions concertées sont nécessaires pour prévenir cette maladie et sauver des vies. La vigilance et l'éducation sont des outils essentiels dans cette lutte, et chaque femme doit être consciente de son corps et des signaux qu'il peut envoyer.

 

 

 

 

Clotilde Mudosa