
Devant le Conseil de sécurité des Nations unies à New York, le Rwanda a appelé à une application vérifiable des accords de paix relatifs à l’est de la RDC. Son représentant permanent auprès de l’ONU, Martin K. Ngoga, a fait de la neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) un point central du processus engagé entre Kigali et Kinshasa.
Lors de cette réunion tenue mardi 29 septembre, le diplomate rwandais a affirmé que les initiatives diplomatiques conduites à Washington et à Doha constituent une occasion de faire évoluer durablement la situation sécuritaire dans la région. Il a salué l’implication des États-Unis, du Qatar, de l’Union africaine et des médiateurs mobilisés autour de la crise.
Kigali estime toutefois que la signature des textes ne suffit pas à ramener la stabilité. La délégation rwandaise a insisté sur la nécessité d’un mécanisme indépendant capable de contrôler les mesures prises par chaque partie et de les évaluer selon les mêmes critères. Dans ce cadre, le Rwanda dit avoir proposé un dispositif de vérification tripartite réunissant la RDC, le Rwanda et les États-Unis en qualité de médiateur.
Pour Martin K. Ngoga, les FDLR demeurent au cœur des préoccupations sécuritaires rwandaises. Il a soutenu que leur désarmement, leur neutralisation et l’arrêt de toute coopération avec ce groupe armé relèvent des engagements contenus dans le processus de Washington. Le représentant rwandais a également affirmé que le dernier rapport du secrétaire général de l’ONU faisait état d’une présence des FDLR dans plusieurs territoires de l’est de la RDC, dont Rutshuru, Masisi, Nyiragongo et Walikale.
Le diplomate a rappelé que la question de l’est de la RDC est examinée au Conseil de sécurité depuis près de trois décennies. Selon lui, malgré plus de 30 milliards de dollars engagés depuis 1999 au titre des missions onusiennes MONUC puis MONUSCO, les facteurs structurels du conflit n’ont pas été entièrement traités. Le Rwanda a déclaré rester engagé dans les mécanismes établis dans le cadre de l’accord de Washington, notamment ceux consacrés au suivi sécuritaire et à la levée graduelle de mesures que Kigali qualifie de défensives. Il a affirmé être disposé à soumettre ses propres engagements à vérification et a demandé que les autres parties appliquent la même exigence de transparence.
Cette position a été exprimée alors que les affrontements se poursuivent dans l’est de la RDC malgré les accords successifs conclus entre les parties. Les déclarations rwandaises sur les FDLR, les engagements de Kinshasa et les conditions de mise en œuvre des mécanismes de paix reflètent la position de Kigali présentée devant le Conseil de sécurité.
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