
Le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), Me Christian Bosembe, a rappelé aux médias, journalistes et intervenants les limites à respecter dans le traitement de l’information liée aux mouvements rebelles et terroristes opérant en République démocratique du Congo. Il exclut notamment qu’un journaliste accorde une interview à l’ancien chef de l’État Joseph Kabila pour l’interroger sur sa rébellion.
« Sans réfléchir, non », a-t-il déclaré lors du Space live animé sur X, ce lundi 19 octobre avec le journaliste Stanis Bujakera. Pour le président du CSAC, un homme ayant dirigé le pays pendant 18 ans et participé à la mise en place de ses institutions ne peut ensuite prendre les armes contre celles-ci sans que cela change la manière dont les médias doivent l’aborder. Il a également rappelé la condamnation de l’ancien président.
Le régulateur des médias interdit toute prise de position pouvant être assimilée à une apologie, une glorification, une justification ou une banalisation de la rébellion et du terrorisme. Il proscrit aussi l’octroi d’une tribune aux membres de ces mouvements, la diffusion de leurs messages de propagande et toute tentative de présenter leurs actions sous un jour favorable.
Toutefois, Me Bosembe précise que le CSAC ne remet pas en cause le droit des journalistes à informer. La couverture factuelle, neutre et vérifiée demeure autorisée, notamment pour relater un événement établi ou proposer une analyse critique. La limite, selon lui, réside dans la finalité du contenu diffusé : le devoir d’informer sur les faits liés à l’insécurité doit être distingué de ce que le CSAC considère comme un relais accordé à des groupes armés.
S’appuyant sur l’article 6 de la loi organique régissant le CSAC, qui prohibe l’apologie du crime, Me Bosembe affirme que tout reportage ou émission ayant pour effet de glorifier, justifier ou encourager l’adhésion au Front pour la refondation de la Nation (FRN) s’expose à des sanctions.
En cas de manquement, le CSAC annonce une politique de « tolérance zéro ». Un journaliste ou un intervenant reconnu coupable d’avoir valorisé ou justifié des mouvements rebelles risque un embargo d’antenne allant d’un à 90 jours.
Les sanctions peuvent être plus sévères pour les médias. Une chaîne ou une station accusée de servir de relais à ces mouvements s’expose à une suspension, voire à une fermeture temporaire ou définitive, selon la gravité des faits constatés. Me Bosembe a averti que les médias qui franchiraient cette ligne pourraient être sanctionnés « sans le moindre remords ».
Ces positions interviennent dans un contexte sécuritaire tendu et alors que la couverture médiatique de Joseph Kabila et du FRN suscite des débats. Elles relancent également la question de la frontière entre la liberté de la presse, le devoir d’informer sur des acteurs politiques controversés et les restrictions qu’un régulateur peut imposer dans un contexte de conflit.
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