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RDC/Politique : Vital Kamerhe appelle à une mobilisation pacifique pour empêcher que "les armes décident" de l’avenir du pays

 

 

Face à la prise de fonction de Joseph Kabila à la tête du Front pour la refondation de la Nation (FRN), le patron de l'UNC et ancien président de l’Assemblée nationale dénonce le recours à la voie armée, réaffirme son soutien au président Félix Tshisekedi et invite les Congolais à défendre l’unité nationale, l’intégrité territoriale et l’ordre constitutionnel.

 

Dans une déclaration rendue publique, Vital Kamerhe rappelle que Joseph Kabila s’était exprimé sur la paix le 9 octobre, avant que l’annonce de sa direction du FRN ne soit faite le 12 octobre. Il estime que ces deux séquences illustrent un écart entre les paroles et les actes de l’ancien président. « Vous appelez à la paix dans vos discours, vous appelez à la rébellion dans vos actes. Le peuple vous jugera sur vos actes », a déclaré Vital Kamerhe, s’adressant directement à Joseph Kabila.

 

Le FRN, présenté comme le successeur de l’Alliance fleuve Congo (AFC), réunit des acteurs liés à la rébellion du M23 et se donne notamment pour objectif de contester le pouvoir de Kinshasa. Sa création a été annoncée à Goma, dans le Nord-Kivu, une zone sous contrôle de l’AFC/M23. Kamerhe estime que Joseph Kabila ne peut se présenter comme étranger aux difficultés que traverse la RDC, après avoir dirigé le pays de 2001 à 2019.

 

Il lui reproche de vouloir, selon ses termes, « sauver » le pays en prenant la tête de forces qui combattent ses institutions.v« On n’efface pas son propre bilan en accusant son successeur », a affirmé Vital Kamerhe, appelant chaque acteur politique à assumer sa part de responsabilité dans l’histoire du pays. Il soutient que les rébellions successives n’ont pas apporté aux Congolais la sécurité, la justice ni la prospérité attendues. Il évoque les conséquences humaines des conflits : familles endeuillées, enfants privés d’école, femmes exposées aux violences et populations déplacées.

 

Vital Kamerhe appelle les Congolais, au-delà de leurs appartenances politiques, à s’opposer à toute résolution armée de la crise. Il présente la défense de la République comme une responsabilité collective, fondée sur la vigilance, la cohésion et le respect entre compatriotes. « J’appelle les Congolaises et les Congolais, au-delà de leurs appartenances politiques, à une mobilisation pacifique et responsable pour refuser que les armes décident une fois encore de leur avenir », a-t-il insisté. 

 

Il demande également aux responsables des mouvements armés de renoncer à la voie militaire et de privilégier le dialogue. Pour lui, aucune divergence politique ne justifie de prendre les armes contre son propre pays, alors que des négociations pourraient éviter de nouvelles pertes en vies humaines. Le président de l’UNC réaffirme son soutien au président Félix Tshisekedi, qu’il décrit comme son allié et partenaire politique.

 

Il estime que la création du FRN conforte, à ses yeux, les alertes formulées par le chef de l’État face à une menace contre la souveraineté nationale et l’ordre constitutionnel. Vital Kamerhe plaide enfin pour l’unité nationale et le rejet de la rébellion comme moyen d’accès au pouvoir. Il appelle à construire un pays où les différentes communautés vivent ensemble dans la paix et où les citoyens peuvent défendre leurs convictions sans craindre pour leur sécurité.

 

 

 

 

Clotilde Mudosa