
Lors d’une session du Réseau des femmes parlementaires de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) tenue le 8 juillet 2026, l’honorable Chimène Lunda Polipoli, Questeure de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo, a dénoncé l’emploi du viol comme arme de guerre et appelé à intensifier l’exécution des textes législatifs congolais destinés à protéger les victimes.
S’appuyant sur des rapports d’organisations internationales, la députée a décrit une situation particulièrement grave dans l’Est de la RDC — notamment au Nord‑Kivu, Sud‑Kivu et en Ituri — où des groupes armés recourent aux violences sexuelles pour terroriser les populations et contrôler des territoires. Elle a insisté sur le fait que les chiffres disponibles sous‑estiment l’ampleur du phénomène en raison de la stigmatisation et des obstacles d’accès aux services d’aide.
Chimène Lunda Polipoli a rappelé les avancées juridiques accomplies par la RDC pour qualifier et sanctionner les violences sexuelles. Elle a notamment évoqué la réforme du droit pénal de 2006, qui a élargi la définition du viol et criminalisé des pratiques comme l’esclavage sexuel et le harcèlement, et l’intégration dans le droit national des dispositions du Statut de Rome permettant de qualifier certaines violences sexuelles en crimes de guerre ou crimes contre l’humanité.
La députée a également mis en avant la loi de 2022 relative à la protection et à la réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits, qui a institué un Fonds national de réparation destiné à fournir une assistance médicale, psychologique, sociale et financière aux survivantes. Elle a lié ces mesures à la volonté politique exprimée par le Chef de l’État pour combattre l’impunité.
Toutefois, l’oratrice a souligné que la qualité des textes ne suffit pas. La mise en œuvre effective reste entravée par l’insécurité persistante dans les zones affectées, les difficultés d’accès à la justice, l’insuffisance des services sanitaires et psychosociaux, et les lacunes dans l’exécution des décisions judiciaires. Selon elle, ces failles limitent la portée des réformes et la capacité de l’État à protéger et réparer les victimes.
En conclusion, Chimène Lunda Polipoli a appelé à renforcer les mécanismes opérationnels : sécurisation des zones de soins, formation des acteurs judiciaires et sanitaires, financement pérenne du fonds de réparation, et efforts de déstigmatisation pour encourager les femmes et enfants à se manifester. Elle a aussi plaidé pour une coopération internationale accrue afin d’appuyer les interventions sur le terrain.
Les débats au sein de l’APF ont mis en lumière la tension entre l’existence d’un cadre juridique progressif et les réalités logistiques et sécuritaires qui empêchent sa pleine application. Les participants ont insisté sur la nécessité d’un suivi concret des engagements législatifs pour que les avancées normatives se traduisent en résultats tangibles pour les victimes.
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