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RDC-ONU/Diplomatie : à New York, Suminwa dénonce l’agression dans l’Est et plaide pour une RDC industrielle et souveraine

 

 

C’est devant la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies, en marge de la semaine de haut niveau qui réunit près de 130 chefs d’État et de gouvernement à New York, que la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a porté, ce mercredi 23 septembre, la voix de la République démocratique du Congo. Mandatée par le président Félix-Antoine Tshisekedi, la cheffe du gouvernement a structuré son intervention autour de la paix et de la sécurité, du développement durable, de la coopération internationale et du renforcement du multilatéralisme.

 

Au cœur du discours congolais, la situation sécuritaire dans l’est du pays. Judith Suminwa a qualifié d’« guerre d’agression » l’offensive menée par le Rwanda sous couvert de l’AFC/M23, dénonçant le soutien de Kigali à ce mouvement armé. Elle a appelé à l’exécution effective des décisions du Conseil de sécurité, en citant la résolution 2773 (2025), qui exige le retrait immédiat et sans condition des forces rwandaises du territoire congolais, la cessation des hostilités par le M23 et la fin de l’établissement d’administrations parallèles.

 

Pour Kinshasa, la crédibilité du système onusien se joue aussi sur la capacité à faire respecter ses propres résolutions. La Première ministre a insisté sur la nécessité d’une application équitable du droit international, dans le respect strict de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États.

 

Au-delà du dossier sécuritaire, l’intervention congolaise a mis en avant les priorités nationales en matière de santé, avec un accent sur la riposte contre l’épidémie d’Ebola Bundibugyo. Judith Suminwa a rappelé que le gouvernement avait mobilisé 50 millions de dollars sur ressources propres pour financer le plan national de réponse, tout en appelant à une solidarité internationale accrue. À New York, elle a notamment rencontré la directrice générale du CDC américain et échangé avec Africa CDC, dans une logique de partenariat de long terme pour le renforcement du système de santé.

 

L’environnement et la protection du bassin du Congo ont également occupé une place importante. La RDC a souligné le rôle de ses forêts et de ses tourbières dans la régulation du climat et le stockage du carbone, tout en plaidant pour des mécanismes de financement climatique qui permettent de concilier préservation des écosystèmes et développement économique.

 

Un autre axe fort du discours a porté sur la transformation du modèle d’exploitation des minerais stratégiques. Première productrice mondiale de cobalt et grande puissance du cuivre, la RDC entend ne plus se limiter à l’extraction, mais devenir un acteur industriel des chaînes de valeur mondiales. « Notre ambition n’est plus de rester le simple sous-sol de l’économie mondiale ; nous voulons faire de la RDC un atelier de transformation, un lieu d’innovation et un partenaire souverain au sein des chaînes de valeur internationales», a déclaré Judith Suminwa.

 

Cette ambition passe par la transformation locale du cobalt et du cuivre, le développement de précurseurs de batteries, la formation d’ingénieurs et l’intégration des entreprises congolaises aux filières internationales. La Première ministre a aussi évoqué la modernisation de la gouvernance minière, la lutte contre le travail des enfants avec l’objectif « zéro enfant dans les mines », et la proposition d’un cadre mondial, sous l’égide de l’ONU et de l’Union africaine, pour des chaînes de valeur des minerais critiques « justes, traçables et résilientes ».

 

Enfin, la RDC a réaffirmé son attachement à un multilatéralisme rénové, plus juste et plus représentatif. Judith Suminwa a plaidé pour une meilleure représentation de l’Afrique au Conseil de sécurité, estimant que la composition actuelle de l’organe ne reflète pas les réalités géopolitiques contemporaines. À travers cette prise de parole, Kinshasa a voulu porter une vision où la paix, le respect du droit international et le développement partagé deviennent les piliers d’un ordre international plus équitable.

 

 

 

 

Hydrice Mande