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RDC/Santé : L'OMS tire la sonnette d'alarme face à l'accélération de l'épidémie d'ebola

 

 

 

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) alerte sur l’accélération de l’épidémie d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo, où près de 4 500 cas confirmés et plus de 2 000 décès ont été signalés depuis l’apparition officielle de la flambée le 15 mai. Selon l’agence onusienne, la progression actuelle dépasse le rythme observé lors des précédentes crises nationales.

 

Lors d’une conférence à Genève, le Directeur général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, a qualifié la situation d’inquiétante, estimant que la riposte a démarré avec du retard par rapport à la dynamique de propagation du virus. Les autorités sanitaires rappellent que le virus circulait vraisemblablement plusieurs semaines, voire quelques mois, avant d’être détecté, ce qui a compliqué l’effort de contrôle initial. « Nous avons pris un retard significatif dans la lutte contre le virus, et l'épidémie a déjà pris une grande avance. Elle est toujours en avance sur nous, et nous faisons de notre mieux pour la rattraper », a-t-il déclaré. 

 

La souche identifiée, le virus Bundibugyo, s’est étendue à cinq provinces et affecte désormais 53 zones de santé. L’Ituri concentre l’essentiel des cas, avec Bunia et plusieurs localités périphériques en situation de forte transmission. Les équipes sur le terrain signalent des foyers actifs où la détection tardive et la circulation non signalée de malades aggravent la situation.

 

Face à cette évolution, les priorités de la riposte se concentrent sur le renforcement de la surveillance, l’isolement rapide des cas et l’extension des capacités de prise en charge. Les centres de traitement existants peinent à absorber l’afflux, et des efforts sont en cours pour accroître les lits disponibles, équiper les services et protéger le personnel soignant. Les autorités et leurs partenaires internationaux multiplient les missions d’évaluation pour adapter les ressources aux zones les plus touchées.

 

La vaccination constitue un autre pilier central de la stratégie. Des campagnes ciblées ont été lancées pour immuniser les contacts et les personnels de santé, mais la mise à l’échelle reste entravée par des contraintes logistiques, la disponibilité des vaccins et des difficultés d’accès dans des zones instables. Les experts insistent sur la nécessité d’un approvisionnement soutenu et d’une coordination rapprochée entre acteurs nationaux et ONG pour accélérer la couverture vaccinale.

 

Les autorités sanitaires s’alarment également du nombre de cas non détectés. Plusieurs patients sont retrouvés décédés sans avoir été pris en charge, signe que la surveillance communautaire reste insuffisante. Les enquêtes épidémiologiques et l’analyse génétique en cours visent à reconstituer les chaînes de transmission et à cibler les interventions.

 

Tedros Adhanom Ghebreyesus appelle à une implication renforcée des communautés : signalement rapide des cas suspects, respect des consignes sanitaires et coopération avec les équipes médicales sont jugés indispensables pour briser les chaînes de transmission. Les expériences précédentes montrent qu’une acceptation locale accrue des mesures sanitaires accélère significativement le contrôle des flambées.

 

La RDC affronte sa dix-septième épidémie d’Ebola depuis 1976, la combinaison d’une détection plus précoce, d’une montée en capacité des soins et d’une vaccination mieux ciblée apparaît comme la voie la plus réaliste pour contenir la crise. Les prochaines semaines seront déterminantes pour mesurer l’efficacité des mesures déployées sur le terrain.

 

 

 

 

La rédaction