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RDC/Genre : Kinshasa s’apprête à ancrer l’Agenda "Femmes, Paix et Sécurité" dans les territoires

 

 

La République démocratique du Congo (RDC) entre dans une nouvelle phase de mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies, avec un atelier dédié à sa « territorialisation » qui s’ouvre mardi à Kinshasa. À la veille de ces assises, la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae Kalama, a reçu une délégation de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) pour faire le point sur les préparatifs et consolider l’appui technique et institutionnel autour de ce chantier.

 

Dans son cabinet, ce lundi 7 septembre, Micheline ombae kalama a échangé avec une délégation de l’OIF conduite par Alphonse Waguena, représentant régional pour l’Afrique centrale. Au programme : l’état d’avancement des dispositions logistiques, méthodologiques et participatives de l’atelier, ainsi que les modalités d’implication des acteurs locaux dans la déclinaison concrète de l’Agenda « Femmes, Paix et Sécurité » (FPS). Selon les éléments partagés à l’issue de l’audience, les discussions ont porté sur l’appropriation de l’agenda au niveau des provinces et des territoires, en vue d’adapter les actions aux réalités des communautés et aux besoins spécifiques identifiés sur le terrain. Alphonse Waguena a salué l’engagement de la RDC en faveur d’une mise en œuvre effective de la résolution 1325 et a remercié la ministre pour cette rencontre, qu’il a présentée comme un jalon important pour la réussite de l’atelier.

 

Adoptée en 2000, la résolution 1325 reconnaît le rôle central des femmes dans la prévention et la résolution des conflits, la consolidation de la paix et la sécurité. En RDC, son opérationnalisation passe désormais par une déclinaison territoriale : il s’agit de traduire les engagements nationaux en actions visibles dans les provinces, en lien avec les dynamiques locales de paix, de protection et de participation citoyenne. Cet accent sur le niveau local répond à un constat récurrent : les femmes sont souvent présentes dans les initiatives communautaires de médiation, d’alerte précoce ou de cohésion sociale, mais leur contribution reste peu structurée et insuffisamment prise en compte dans les mécanismes formels. L’atelier vise donc à outiller les acteurs institutionnels, la société civile et les partenaires techniques pour intégrer systématiquement la dimension « genre » dans les dispositifs territoriaux de paix et de sécurité.

 

Organisé sous l’égide du ministère du Genre, Famille et Enfant, en collaboration avec le Secrétariat national permanent de la résolution 1325 et l’appui de partenaires comme l’OIF et ONU-Femmes, l’atelier réunit des représentantes et représentants des institutions publiques, des organisations de la société civile et des acteurs de la coopération. Les travaux doivent déboucher sur des orientations opérationnelles pour renforcer la participation des femmes aux instances locales de paix et de dialogue, intégrer les préoccupations de genre dans les plans provinciaux et territoriaux de sécurité et de développement, consolider les mécanismes de protection contre les violences basées sur le genre dans les zones affectées par les conflits, et améliorer la collecte de données et le suivi des actions FPS au niveau décentralisé. Pour le ministère, cette rencontre avec l’OIF s’inscrit dans une logique de consolidation des partenariats institutionnels autour de la participation des femmes aux processus de paix, de prévention des conflits et de stabilisation, notamment à l’échelle territoriale. Elle intervient dans un contexte où la RDC multiplie les initiatives en faveur de l’agenda FPS, du forum national des femmes pour une paix durable (août 2026) à des ateliers sectoriels impliquant les médias et les jeunes, en passant par des mécanismes de redevabilité sur l’égalité de genre.

 

Au-delà des déclarations d’intention, l’enjeu pour Kinshasa est de transformer ces cadres normatifs en résultats tangibles : plus de femmes dans les instances de décision locales, des plans de paix intégrant explicitement le genre, et une réduction mesurable des violences ciblant les femmes et les filles dans les zones de conflit. La « territorialisation » de l’Agenda 1325 est présentée comme un levier pour y parvenir, en rapprochant les politiques nationales des réalités vécues par les communautés.

 

 

 

 

 

Clotilde Mudosa