La Source Magazine - Un espace dédié à l'information générale avec un accent sur la promotion des droits des femmes et des enfants. Nous croyons fermement en l'égalité, la justice et le respect des droits fondamentaux pour tous.

    Merci de rejoindre notre mission pour un monde plus équitable.

RDC/Environnement : En Ituri, la protection de l’okapi se heurte à l’insécurité et aux mines clandestines

 

 

La survie de l’okapi, espèce emblématique et endémique de la République démocratique du Congo, dépend de plus en plus de la capacité des autorités à sécuriser son principal refuge : la Réserve de faune à okapis, dans la province de l’Ituri. À l’occasion de la Journée mondiale de l’okapi, célébrée le 18 octobre, les défenseurs de cette espèce tirent la sonnette d’alarme sur les effets combinés des groupes armés, du braconnage et de l’exploitation minière illégale.

 

Classée au patrimoine mondial, la réserve abrite un écosystème forestier essentiel à la reproduction et à la mobilité de l’okapi. Or, selon le projet « Conservation de l’Okapi », des incursions attribuées aux Forces démocratiques alliées (ADF) et à des groupes Maï-Maï ont été signalées à proximité de la station principale d’Epulu ainsi que de plusieurs postes de patrouille de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN). Cette présence armée complique les patrouilles, expose les écogardes à des risques et fragilise l’ensemble du dispositif de protection.

 

Au-delà de l’insécurité, les activités minières clandestines constituent une autre pression majeure. Des carrés d’extraction illégale auraient été ouverts à l’intérieur de la réserve, parfois sous le contrôle de particuliers ou de combattants armés. Ces activités entraînent la dégradation de l’habitat forestier, perturbent les déplacements de la faune et facilitent le braconnage.

 

La situation inquiète particulièrement les responsables du centre de conservation et d’éducation d’Epulu, où trois okapis sont maintenus en captivité à des fins de recherche et de sensibilisation. Leur sécurité dépend directement de celle des infrastructures et du personnel présents sur place. Découvert par la science en 1901, l’okapi ne vit à l’état sauvage qu’en République démocratique du Congo. Sa protection ne relève donc pas seulement d’un enjeu environnemental local, mais aussi d’une responsabilité nationale liée à la préservation d’un patrimoine naturel unique.

 

Le directeur de la conservation du projet « Conservation de l’Okapi », Berce Sanfwansa, appelle à une mobilisation élargie. Il plaide pour une implication plus forte des autorités, des communautés riveraines et des partenaires techniques et financiers, afin de renforcer la surveillance, la sensibilisation et la sécurité dans la réserve.

 

Pour les défenseurs de l’espèce, la Journée mondiale de l’okapi doit dépasser le simple hommage symbolique. Elle rappelle que, sans un contrôle effectif du territoire et une réduction des activités illégales, la forêt de l’Ituri risque de continuer à se fragmenter, au détriment d’une espèce déjà vulnérable.

 

 

 

La rédaction