
La compétitivité des produits agricoles congolais à l’exportation, la traçabilité du café et du cacao, ainsi que l’accès au crédit agricole ont été au centre de l’intervention du député national Olive Mudekereza, élu de Bukavu et agriculteur. Il s’exprimait mercredi lors de la célébration de la Journée internationale du café et du cacao, organisée avec le lancement de la campagne agricole par l’Office national des produits agricoles du Congo (ONAPAC).
Dans son intervention, l’élu a mis en garde contre la multiplication des taxes imposées aux marchandises agricoles. Selon lui, l’accumulation de prélèvements, depuis les entités locales jusqu’à l’exportation, risque de décourager les producteurs et de faire reculer les exportations. Olive Mudekereza a évoqué le cas des minerais et a établi un parallèle avec les produits agricoles. Il a estimé que le manque de mécanismes efficaces de traçabilité et de certification peut faire perdre à la RDC la valeur de ses propres productions. Pour le café, il a relevé que des produits issus de l’est du pays peuvent transiter par le Rwanda ou l’Ouganda avant d’être exportés.
Le député a demandé que l’ONAPAC soit renforcé afin de mieux encadrer les filières agricoles d’exportation. Il a insisté sur la valeur des certificats délivrés par cet établissement, estimant qu’ils doivent être reconnus par les partenaires commerciaux, notamment européens. Il a également appelé le ministère concerné à travailler avec l’ONAPAC pour suivre les conditions exigées par l’Union européenne et veiller à leur application sur le terrain.« Le ministère doit travailler beaucoup avec l’ONAPAC, l'appuyer pour organiser et suivre les conditions de l’Union européenne », a-t-il plaidé.
Abordant le potentiel productif de l’est de la RDC, Olive Mudekereza a cité des zones comme Luvungi, Kalehe, Minova, Shabunda, Mwenga et Uvira. Il a affirmé que ces territoires disposent de possibilités importantes dans la production du café, du cacao et d’autres cultures. Selon lui, le pays pourrait accroître sa présence sur le marché du café grâce à ses terres disponibles et à des conditions favorables à cette culture. L’élu de Bukavu a aussi plaidé pour la création de mécanismes de crédit agricole destinés aux jeunes, aux femmes et aux entrepreneurs ruraux. « Vous ne pouvez pas parler de l’agriculture alors que le Congo ne dispose pas de crédit agricole. Il faut mettre en place des lignes de crédit en faveur des femmes, des jeunes et des entrepreneurs », a plaidé le député national Olive Mudekereza. Il a soutenu que ce financement devrait atteindre les producteurs dans leurs exploitations, plutôt que de se limiter aux démarches administratives à Kinshasa.

Il a enfin évoqué la nécessité d’améliorer l’accès aux semences et d’encourager la diversification des cultures. Selon lui, les producteurs de café peuvent associer cette culture à d’autres spéculations, notamment les avocatiers et les manguiers. Il a également appelé à une collaboration entre l’ONAPAC, les opérateurs économiques et les organisations professionnelles pour lutter contre la fraude dans les filières agricoles.
Clotilde Mudosa
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