
Le Ministre d'État en charge de l'Agriculture et sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi Butondo a officiellement lancé la campagne agricole 2025–2026 à Gemena, chef-lieu du Sud‑Ubangi. À ses côtés figurait la directrice générale de l’Office National des Produits Agricoles du Congo (ONAPAC), l'organisme public chargé de promouvoir et encadrer les cultures d'exportation en RDC. Son rôle clé : réguler la production, la transformation et la commercialisation du café et cacao via encadrement technique et pépinières, rappelant le rôle central de l’institution dans la mise en œuvre de la politique agricole nationale.
Devant les autorités provinciales, des représentants des producteurs et une foule de planteurs venus de plusieurs territoires, le ministre a rappelé que la RDC dispose d’« un potentiel unique pour rattraper son retard » : « Nous avons la terre, l’eau et une population particulièrement jeune capable de produire », a‑t‑il souligné.
Insistant sur l’importance de fixer des objectifs clairs, il a annoncé que le gouvernement se donne cinq ans pour que la RDC devienne premier producteur de cacao au monde, à partir notamment du Nord‑Kivu, déjà doté de 600 000 hectares dédiés à cette culture. « Si les autres provinces adoptent le même modèle, nous pourrons vite rattraper notre place », a‑t‑il estimé, en insistant sur la nécessité de multiplier les pépinières de café, de cacao et de palmier à huile dans chaque territoire.
Pour concrétiser ce projet, Muhindo Nzangi a expliqué que le gouvernement prévoit d’installer, dans chaque zone, de grandes pépinières de 250 000 plantines de café et de cacao, ainsi que 50 000 plantines de palmiers. « Partout où nous allons installer ces pépinières, olinga, olinga, te oko lina », a‑t‑il lancé, reprenant une expression locale qui signifie que, de gré ou de force, la population doit s’engager dans la plantation.
Le ministre a rappelé que l’agriculture est, à ses yeux, le seul moyen durable de sortir le pays de la pauvreté. « Il faut encourager les gens à faire l’agriculture, car c’est le véritable levier de développement de notre nation », a‑t‑il insisté, en appelant les jeunes à se tourner vers les exploitations plutôt que vers l’informel ou l’émigration.
À ses côtés, la directrice générale de l’ONAPAC. Muhindo Nzangi a souligné que l’Office devra jouer un rôle majeur dans la valorisation, la régulation et la traçabilité des produits agricoles d’exportation, notamment le cacao, le café et le palmier. À Zongo, dans le Sud‑Ubangi, un premier convoi d’exposition de produits agricoles est programmé, pour permettre aux grands acheteurs de venir directement sur place et de négocier des prix comparables à ceux observés à Béni.
« Le prix du Sud‑Ubangi ne doit plus être en retrait par rapport à celui de Béni. Quand le producteur sait qu’il peut vendre cher ici, il s’engage davantage », a indiqué le ministre, insistant sur la nécessité de créer un véritable écosystème économique autour de l’agriculture : pépinières, financement, encadrement technique, circuits de vente et présence de l’ONAPAC pour garantir la qualité et sécuriser les échanges.
Ce lancement officiel à Gemena confirme que la Révolution agricole agressive voulue par le Chef de l’État repose autant sur des décisions politiques et institutionnelles que sur la mobilisation de base des paysans. En associant étroitement ONAPAC, le ministère de l’Agriculture et les producteurs, le gouvernement entend faire de l’agriculture congolaise non seulement un rempart contre la faim, mais aussi un moteur de croissance, de création de richesse et d’emploi pour la jeunesse rurale.
Clotilde Mudosa
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