
La République démocratique du Congo a été le théâtre de 4 114 violations graves commises contre des enfants dans le cadre de conflits armés, selon les données vérifiées par les Nations unies. Ce chiffre place la RDC au deuxième rang mondial, derrière Israël et le territoire palestinien occupé, et confirme la persistance d’une crise humanitaire et sécuritaire aux lourdes conséquences pour les plus jeunes.
Les violations recensées couvrent un large éventail d’atteintes : meurtres et mutilations, enlèvements, recrutement et utilisation d’enfants par des forces ou groupes armés, violences sexuelles, attaques contre des écoles et des centres de santé, ainsi que blocages de l’aide humanitaire. À l’échelle planétaire, l’ONU a confirmé 38 558 violations graves en 2025, touchant 24 174 enfants, un niveau inédit depuis la mise en place du mécanisme de suivi sur les enfants et les conflits armés.
Le rapport de la représentante spéciale du secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, Vanessa Frazier, couvre la période d’août 2025 à juillet 2026 et met en lumière plusieurs tendances lourdes. Parmi elles : une impunité qui reste très marquée dans plusieurs zones de conflit, une difficulté chronique à traduire en justice les auteurs de violations, et des obstacles récurrents à la prise en charge et à la réinsertion des enfants touchés par la guerre.
Pour la haute responsable onusienne, la réponse ne peut être uniquement humanitaire : elle doit aussi être judiciaire et politique. Elle invite les États à durcir leurs législations nationales, à renforcer les capacités des tribunaux et à veiller à ce que la protection des enfants soit systématiquement intégrée dans les processus de médiation et les accords de paix, y compris dans les initiatives diplomatiques en cours autour de la RDC.
Du côté congolais, certaines avancées sont toutefois notées. Le gouvernement continue d’appliquer le plan d’action signé avec l’ONU en 2012 et s’est doté d’une politique nationale de protection de l’enfant. Des enquêtes et des poursuites ont été ouvertes contre des suspects impliqués dans des violations graves, notamment des violences sexuelles et des cas de recrutement d’enfants, même si le rapport ne détaille pas le nombre de condamnations effectives.
Reste que, pour les Nations unies, le défi principal demeure la mise en œuvre concrète de ces engagements sur le terrain. L’appel est clair : protéger les infrastructures civiles (écoles, hôpitaux), garantir un accès sécurisé aux humanitaires et offrir des parcours de réintégration durables aux enfants sortis des groupes armés.
Valère Cikuru
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