
Le Représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en RDC, James Swan, a entamé vendredi 24 Avril,une visite de trois jours à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu. Cette première présence sur le terrain depuis sa nomination s’inscrit dans les efforts de consolidation du cessez-le-feu humanitaire en zone de conflit.
Contexte sécuritaire tendu
Arrivé en matinée, M. Swan a immédiatement souligné le rôle stratégique de Goma dans le processus de désescalade à l’Est de la RDC. La ville, frontalière et théâtre récent d’affrontements, concentre les priorités de la Monusco, dont le mandat a été renouvelé par les résolutions 2773 et 2808 du Conseil de sécurité. Ces textes confient explicitement à la mission onusienne un rôle d’appui aux mécanismes conjoints de vérification du cessez-le-feu.
« Ma venue permet de rencontrer nos équipes terrain, d’écouter leurs analyses précises, d’échanger avec les autorités de facto et d’évaluer les conditions concrètes d’exécution de notre mandat », a expliqué le chef de la Monusco lors d’une première prise de parole. Ces consultations visent à identifier les obstacles pratiques freinant l’opérationnalisation du Mécanisme conjoint de vérification élargi (MCVE).
Progrès sur l’accès humanitaire
Au-delà de la sécurité, James Swan a salué les avancées vers un protocole conjoint encadrant l’accès humanitaire et la protection judiciaire des populations. Cet accord, en négociation depuis plusieurs semaines, cristallise les attentes des agences onusiennes et des ONG pour acheminer une aide d’urgence aux déplacés internes. « Les parties prenantes doivent maintenir leur engagement pour conclure rapidement ce texte », a insisté le diplomate américain, soulignant que « la fin des souffrances civiles dépend de ces décisions pratiques ». Plus de 7 millions de personnes restent affectées par le conflit dans l’Est, selon les derniers chiffres onusiens.
Agenda chargé et enjeux stratégiques
Le programme de M. Swan prévoit des échanges avec les autorités provinciales, les leaders communautaires et les représentants des forces en présence. Ces discussions doivent dégager des engagements concrets pour le MCVE, instance censée certifier le respect du cessez-le-feu déclaré en décembre 2025. Cette visite intervient alors que la Monusco fait face à des critiques récurrentes sur son efficacité, dans un contexte de réduction progressive de ses effectifs (12 000 hommes actuellement).
La RDC a fixé à fin 2026 le retrait total de la mission, rendant chaque initiative de terrain cruciale pour une passation ordonnée aux forces nationales (FARDC).
Perspectives pour la paix régionale
En plaçant Goma « au cœur du processus de paix », James Swan confirme la focalisation onusienne sur le Nord-Kivu, épicentre des activités du M23 et théâtre d’escarmouches récurrentes.
Le succès de cette visite dépendra de la capacité des acteurs locaux à traduire les déclarations d’intention en actes tangibles, à particularité d’un calendrier électoral national resserré. Le Représentant spécial quittera Goma dimanche, emportant avec lui les diagnostics nécessaires pour alimenter les discussions au niveau central à Kinshasa. Cette immersion terrain marque un tournant dans l’approche pragmatique de la Monusco face à la crise est-congolaise.
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