
La baisse du niveau des eaux affecte la production hydroélectrique en République démocratique du Congo et contribue aux perturbations observées dans plusieurs zones, notamment à Kinshasa. Pour répondre à cette situation, la Société nationale d’électricité (SNEL) a conclu un accord avec l’opérateur Karpowership en vue d’acheminer une centrale flottante à Matadi.L’annonce a été faite jeudi 1ᵉʳ octobre à Kinshasa par le directeur général de la SNEL, Teddy Lwamba, au cours d’un briefing de presse coanimé avec le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya.
Selon les informations communiquées par la SNEL, le bateau-centrale devrait produire environ 135 mégawatts à partir de Matadi. Son acheminement vers la République démocratique du Congo est prévu dans un délai de trois semaines, avec pour objectif de renforcer l’alimentation du réseau desservant principalement Kinshasa. Cette solution doit permettre de compenser une partie de la baisse enregistrée dans les centrales hydroélectriques. Le directeur général de la SNEL a expliqué que la diminution importante du niveau d’eau avait entraîné l’arrêt de plusieurs machines, réduisant ainsi la capacité de production disponible.
« Il y a une baisse drastique du niveau d’eau et certaines machines sont à l’arrêt. Le grand problème que nous avons aujourd’hui est celui du productible. Nous produisons peu, alors que nous consommons beaucoup plus », a expliqué Teddy Lwamba.
La centrale flottante devrait apporter une amélioration estimée à environ 20% dans la desserte électrique de Kinshasa. Cette prévision reste toutefois liée à la réussite de l’installation, au raccordement au réseau et à la disponibilité du combustible nécessaire à son fonctionnement. La SNEL a précisé que le navire fonctionnerait comme une centrale thermique et non grâce à l’eau. L’initiative intervient alors que plusieurs quartiers de la capitale connaissent des coupures répétées. Les interruptions perturbent les activités des ménages, des commerces, des entreprises et de certains services essentiels. Elles ont également suscité de nombreuses réactions d’abonnés sur les réseaux sociaux.
Pour les autorités du secteur, l’arrivée de cette unité flottante doit constituer une réponse rapide à l’insuffisance de la production. Elle ne devrait cependant pas se substituer aux investissements nécessaires dans les centrales hydroélectriques, les lignes de transport et les réseaux de distribution.
Au cours de son échange avec la presse, Teddy Lwamba a aussi évoqué les difficultés financières de la SNEL. Il a affirmé que plusieurs institutions officielles ne s’acquittaient pas régulièrement de leurs factures, alors que l’État représenterait environ 25% de la consommation d’électricité.
« Les instances officielles ne paient pas, alors que 25% de la consommation, c’est l’État », a-t-il indiqué.
Le directeur général estime que cette situation crée un déséquilibre entre la consommation et les recettes de l’entreprise. Il appelle à une clarification des obligations financières des institutions publiques et à la mise en place de mécanismes permettant de régler les factures dues à la SNEL. Teddy Lwamba plaide également pour une subvention du secteur de l’électricité, sur le modèle des mécanismes d’appui accordés dans d’autres secteurs stratégiques, notamment celui des produits pétroliers. Selon lui, un tel soutien permettrait de mieux prendre en charge les coûts de production et de préserver la continuité du service.
La question du recouvrement reste néanmoins liée à celle de la qualité de la desserte. La Nouvelle société civile congolaise a récemment appelé la SNEL et le gouvernement à améliorer la régularité de la fourniture avant d’intensifier les actions contre les abonnés en situation d’impayés.
Avec la centrale flottante attendue à Matadi, la SNEL veut donc apporter une réponse à court terme à une crise aggravée par la baisse du niveau des eaux. La mesure devra être accompagnée d’une meilleure mobilisation des recettes, d’un soutien financier du secteur et d’investissements durables pour garantir une alimentation électrique plus stable à Kinshasa.
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