
À l’occasion de la Journée internationale des femmes, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a choisi de mettre en lumière un phénomène souvent relégué à l’arrière-plan des discours officiels : les inégalités juridiques structurelles qui pèsent sur la vie des femmes dans de nombreux pays du monde. Interpellant les États membres, les institutions et le grand public, il a rappelé qu’en 2026, les femmes ne bénéficient, en moyenne, que de 64% des droits légaux accordés aux hommes.
Dans son intervention, António Guterres décrit comment certaines lois continuent d’entraver l’autonomie des femmes au quotidien : difficultés de possession de biens, héritage limité, contraintes pour travailler ou voyager, droits de divorce restreints, absence de criminalisation du viol conjugal dans plus de 40 pays, obstacles à l’éducation et impossibilité pour certaines femmes de transmettre leur nationalité à leurs enfants.Il insiste sur le fait que ces dispositions ne sont pas des détails techniques, mais des leviers de contrôle social qui conditionnent la capacité des femmes à prendre des décisions sur leur corps, leur travail, leur mariage ou leur mobilité. Même dans les pays où des protections existent sur le papier, l’accès effectif à la justice reste souvent entravé par des préjugés, des procédures complexes ou une application faible des lois.
Au-delà des inégalités anciennes, le Secrétaire général met en garde contre une tendance récente : la montée de l’autoritarisme, l’instabilité politique et des volontés explicites de renforcer les structures patriarcales dans certains États. Dans ce contexte, des acquis décisifs protection des femmes au travail, droits reproductifs, parité dans la sphère publique se trouvent menacés, parfois remis en cause ou simplement négligés par les gouvernements.Guterres souligne que les reculs ne sont pas que symboliques : ils se traduisent par une précarisation accrue des femmes, davantage de violences, moins de possibilités économiques et une plus grande vulnérabilité aux crises sanitaires, économiques ou climatique.
Au lieu de rester dans un ton purement moral, il insiste sur la responsabilité politique des États : supprimer les lois discriminatoires, renforcer les dispositifs d’accès à la justice, soutenir les institutions de protection des femmes et garantir la sécurité des militantes et des organisations de la société civile exposées aux menaces.Il relie cette exigence à des chantiers plus larges : lutte contre les autocraties, renforcement de l’État de droit, mise en œuvre du Programme d’action de Pékin +30 et des Objectifs de développement durable. Pour lui, l’égalité devant la loi est la condition de toute autre égalité : économique, politique, sociale.“Quand nous ne sommes pas égaux devant la loi, nous ne sommes pas égaux
”En guise de conclusion, António Guterres renvoie à une phrase forte : « Quand nous ne sommes pas égaux devant la loi, nous ne sommes pas égaux ». Il appelle à faire de la justice une réalité concrète pour les femmes et les filles, dans les tribunaux, sur les lieux de travail, dans les familles et dans les politiques publiques.
Pour lui, cette journée n’est pas seulement une célébration, mais une mise en demeure adressée aux gouvernements, aux législateurs et aux acteurs de la société civile : transformer les droits affichés en droits vécus, au risque de voir se creuser davantage les fractures de genre dans un monde déjà marqué par les inégalités, les conflits et le changement climatique.
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