
C’est avec la casquette de président en exercice de l’Union africaine (UA) que le chef de l’État burundais, Évariste Ndayishimiye, a pris la parole, ce mercredi 23 septembre, devant la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies. Son intervention a moins insisté sur le seul cas du Burundi que sur les revendications structurelles du continent : réforme du Conseil de sécurité, meilleure représentation de l’Afrique dans les instances internationales et renforcement des mécanismes africains de paix et de sécurité.
Au cœur du discours, une exigence politique claire : l’obtention d’au moins un siège permanent pour l’Afrique au Conseil de sécurité des Nations Unies. « L’Afrique doit être davantage écoutée, mieux représentée et plus étroitement associée aux décisions qui façonnent l’avenir de la planète », a déclaré Évariste Ndayishimiye, appelant à une refonte d’un organe qu’il juge « hérité d’un autre siècle ». Pour le président burundais, cette réforme n’est pas une faveur, mais une question de justice au regard du poids démographique et géopolitique du continent.
Le dirigeant a également plaidé pour une représentation plus équitable des 55 États africains au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), estimant que les règles actuelles du commerce international désavantagent structurellement l’Afrique. Il a lié cette question à celle du financement du développement et de l’accès aux marchés, présentés comme des leviers indispensables pour transformer la croissance économique en progrès concret pour les populations.
Sur le plan sécuritaire, Évariste Ndayishimiye a appelé à un partenariat renforcé entre l’UA et l’ONU dans la prévention, la médiation et le règlement pacifique des conflits, en citant notamment les crises dans les Grands Lacs, au Soudan, au Sahel et en Somalie. Dans le cadre de son discours à l’ONU, il a souligné l’importance d’une approche locale pour résoudre les crises du continent. « Nous renouvelons notre détermination à trouver des solutions africaines aux défis que rencontre notre continent, tout en respectant les normes du droit international et les principes de la Charte des Nations Unies », affirme-t-il.
Cette intervention s’inscrit dans le mandat 2026 du Burundi à la tête de l’UA, axé sur la paix et la sécurité, l’intégration économique et la mise en œuvre de l’Agenda 2063. À travers ce discours, Bujumbura a voulu porter, au nom du continent, une vision où l’Afrique passe du statut de « bénéficiaire » à celui d’« acteur à part entière » de la gouvernance mondiale.
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