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Afrique-Europe/Économie : la RDC représentée au forum sur l’intégration économique

 

 

La République démocratique du Congo a pris part aux réflexions consacrées à l’avenir des relations économiques entre l’Europe et l’Afrique, à l’occasion de l’EuropAfrica Investment Forum 2026, organisé vendredi au siège du Parlement européen par CREDASSUR GROUP, sous le haut patronage de l’institution européenne et avec la participation de sa présidente, Mme Esther Misheng.

 

Le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku, figurait parmi les panélistes de cette rencontre consacrée à la Zone de libre-échange continentale africaine, au commerce entre l’Union européenne et l’Afrique ainsi qu’aux perspectives d’intégration régionale. Sa participation intervenait aux côtés de Justine Nthomeng Majara, vice-Première ministre du Lesotho, de Koen Doens, représentant de la Commission européenne, de Louis Michel, ministre d’État, et de Lindiwe Dlamini, présidente du Sénat d’Eswatini.

 

Les échanges ont porté sur les trajectoires d’intégration économique de l’Europe et de l’Afrique. Les participants ont rappelé que la construction européenne avait commencé avec la création de la Communauté économique européenne par le traité de Rome en 1957, avant de franchir plusieurs étapes, dont le traité de Maastricht en 1992 et l’introduction de la monnaie unique en 2002. À travers la ZLECAf, l’Afrique entend avancer plus rapidement vers la création d’un marché continental intégré.

 

Entrée en vigueur en 2019 et ratifiée par la RDC en 2021, la ZLECAf est présentée comme l’un des principaux instruments de l’intégration économique africaine. Selon les éléments exposés au cours du forum, 54 des 55 pays africains ont signé l’accord. Le processus d’intégration des concessions tarifaires dans les législations nationales est également amorcé, avec l’objectif de faciliter la circulation des marchandises et de renforcer les échanges entre les pays africains.

 

La rencontre a également permis d’examiner les avancées du Système panafricain de paiement et de règlement, le PAPSS. Ce mécanisme doit permettre d’effectuer des transactions transfrontalières en monnaies locales, tout en réduisant le recours au dollar et à l’euro dans les échanges intra-africains. Pour la RDC, comme pour les autres États membres, ce dispositif peut contribuer à simplifier les opérations commerciales et à renforcer l’intégration financière du continent.

 

Le faible niveau du commerce intra-africain a été identifié comme l’un des principaux défis à relever. Celui-ci représente actuellement entre 15% et 17% du commerce total du continent, contre environ 60% en Asie et 70% en Europe. Les participants ont souligné que la mise en œuvre effective de la ZLECAf nécessitera des infrastructures adaptées, une harmonisation des réglementations et une simplification des procédures douanières.

 

Les discussions ont aussi mis en évidence la nécessité de réduire la dépendance de l’Afrique à l’exportation des matières premières. Les participants ont appelé à attirer davantage d’investissements industriels afin de développer la transformation locale et de construire des chaînes de valeur à l’échelle continentale. Les secteurs des batteries et des véhicules électriques ont été cités parmi les filières stratégiques susceptibles de soutenir l’industrialisation africaine.

 

Dans ce cadre, les ressources et le potentiel énergétique de la RDC donnent au pays une place particulière dans les débats sur l’intégration économique du continent. Le projet hydroélectrique d’Inga a notamment été évoqué comme l’un des grands programmes susceptibles d’accompagner le développement industriel africain. Sa réalisation s’inscrit dans les discussions plus larges sur la production d’énergie, les infrastructures régionales et la création de capacités industrielles.

 

Les participants ont également insisté sur la nécessité de mobiliser et d’orienter efficacement les financements destinés au développement de l’Afrique. L’initiative européenne Global Gateway, dont l’enveloppe annoncée pour le continent s’élève à 150 milliards d’euros, a été citée comme un mécanisme pouvant soutenir des projets dans les secteurs de l’énergie, des transports, de l’industrie et du numérique. La présence congolaise ne s’est pas limitée à la participation du ministre du Commerce extérieur. Les sénateurs Modeste Bahati Lukwebo et Vicky Katumwa figuraient également parmi les personnalités présentes, aux côtés de la sénatrice belge Marie-Claire Mvumbi, d’André Flahaut, ministre d’État belge, et de Benoît Cassart, député européen. Ali Yakoub Mahamoud, ambassadeur de l’Union africaine auprès de l’Union européenne, ainsi que plusieurs députés européens et partenaires institutionnels ont aussi pris part aux travaux.

 

La ZLECAf a été présentée comme un marché continental de près de 1,3 milliard de consommateurs, avec un produit intérieur brut cumulé estimé à 3 400 milliards de dollars américains. Cette dimension pourrait permettre aux investisseurs directs étrangers et aux industriels de dimensionner leurs unités de production pour desservir plusieurs marchés africains. Pour la RDC, cette évolution ouvre des perspectives dans les domaines de la transformation des ressources, de l’énergie, des infrastructures et de l’industrie.

 

Les échanges ont également établi un lien entre intégration économique, création d’emplois et réduction des facteurs qui alimentent les migrations. Le développement d’activités industrielles et de chaînes de valeur locales est présenté comme un moyen de soutenir la croissance et de favoriser une prospérité partagée entre les populations africaines et européennes.

 

À l’issue du forum, les participants ont recommandé l’organisation d’une réunion conjointe entre la Commission européenne et la Commission de l’Union africaine. Cette rencontre devrait permettre d’élaborer une nouvelle feuille de route stratégique consacrée au commerce, aux investissements et à l’industrialisation.

 

Les conclusions de la rencontre appellent enfin à dépasser une relation fondée principalement sur l’aide au développement ou la réduction des droits de douane. Le partenariat entre les deux continents devrait également intégrer la transformation industrielle, le financement des infrastructures, le transfert de technologies et le renforcement de la souveraineté économique. Par sa participation aux travaux, la RDC s’inscrit dans cette réflexion sur la construction d’un espace économique africain plus intégré et davantage tourné vers la création de valeur.

 

 

 

 

La rédaction